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Sim’hat Torah 5785 : la redécouverte de notre identité nationale

  • steveohana5
  • 23 oct. 2024
  • 5 min de lecture

Ce Sim’hat Torah 5785, qui commémore l’anniversaire des atrocités du 7 octobre 2023, aura un sens très particulier, celui de la redécouverte de notre vocation parmi les Nations. Les commentaires de Léon Askénazi, du Maharal et de Rachi sur Hocha’ana Raba, Sim’hat Torah et les parachiot de Sim’hat Torah nous aident à nous préparer à ce rendez-vous si particulier.


Avec l'aimable autorisation de Gérard Darmon, artiste-peintre

 

Les fêtes de Pessa’h et Soukot font toutes deux référence historiquement à la sortie d’Egypte, qui préfigure la délivrance de toute l’Humanité de sa condition de Créature.

Ainsi, théoriquement, nous aurions dû célébrer Pessa’h sous la Soukah (comme nous l’avons noté dans notre premier commentaire sur la fête de Soukot[1], Soukot était la première étape des bnei yisrael juste après la sortie d’Egypte) !


Cependant, seul le ‘erev rav (la « tourbe nombreuse » représentant les peuplades non hébraïques qui ont souhaité suivre Moshé quand il a mené les bnei yisrael hors d’Egypte) a été libéré au moment de la sortie d’Egypte.  


Comme l’explique Léon Askénazi[2] :

« Au moment de la sortie d’Egypte, Israël reçoit comme vocation d’être peuple de prêtres de l’humanité entière. Et à travers Israël, le fils aîné, qui a eu le premier l’expérience de ce salut de la sortie d’Egypte, l’humanité entière aurait pu être sauvée à travers le salut d’Israël en acceptant Israël comme « מַמְלֶכֶת כֹּהֲנִים, וְגוֹי קָדוֹשׁ mamlekhet kohanim ve goy qadosh (une dynastie de pontifes et une nation sainte) » (Ex.19:6). L’humanité a refusé. Elle le refuse encore. Je n’ai qu’à citer une motion de l’O.N.U désignant Israël comme le seul peuple raciste de l’humanité. Il faut se rendre compte du manque d’humour de l’universel humain, et cela est dit sérieusement en plus !

Cela a été refusé. Corollairement, il se dévoile qu’Israël sortant d’Egypte n’était pas encore à la hauteur d’une telle mission. Rappelez-vous ce qui est arrivé 40 jours après le Sinaï à la fête du veau d’or, et les raisons pour lesquelles ce qu’on appelle « la faute du veau d’or » a eu lieu. Tout cela est reporté à la fin des temps. »

 

Ainsi, la délivrance universelle est encore en attente, l’Humanité n’ayant pas encore reconnu le statut d’Israël de « Cohen des nations ».


Et c’est pourquoi, nous avons une deuxième fête de la Délivrance, celle de Soukot, avec une dimension non pas nationale mais universelle : la soukah préfigure la délivrance de l’ensemble de l’Humanité de toutes les aliénations matérielles qui s’opposent à sa réunification avec sa Source Divine. Cette délivrance aura lieu quand l’ensemble des Nations renonceront à leurs ambitions de domination et de pouvoir et à la guerre ininterrompue qu’elles ont livrée à Israël, et à travers Israël, à Dieu lui-même (voir notre commentaire précédent sur le sens de la guerre de Gog Oumagog[3]).


Le septième jour de la fête de Soukot, Hochana Raba, dans lequel nous nous trouvons aujourd’hui, est très particulier (comme toujours dans la tradition juive, le chiffre sept représente la dimension de la sainteté au sein de la Nature). La liturgie d’Hochaana Raba est en effet proche des fêtes d’expiation que sont Roch Hachana et Kippour.


Ainsi, le rav Léon Askénazi nous enseigne que :

-        Le jour de Roch Hachana, Dieu rend son jugement avec la dimension de rigueur (Din), un jugement que seuls passent les tsadikim (les très rares personnes dont les pensées, les actes et les paroles sont totalement dégagés de l’emprise du Mal)

-        Le jour de Kippour, il rend son jugement avec la dimension de Ra’hamim (intermédiaire entre Din et ‘hesed), grâce à laquelle les fautes des benonim (la plupart d’entre nous) sont expiées

-   Le jour de Hochaana Raba, le jugement est rendu avec la dimension de ‘hesed (miséricorde) ; c’est à cette occasion que les fautes des rachayim (eux aussi très rares, comme les tsadikim) sont rachetées


C’est pourquoi, Hochaana הושענא a la même racine que Yeshou’a ישועה, un mot qui peut être traduit par « délivrance », mais avec un sens plus profond que celui de gueoula, qui fait davantage référence à un événement de libération politique et historique.

Quant à Sim’hat Torah, il se présente comme le huitième jour de Soukot (tout comme Shavouot se présente comme le huitième jour de Pessa’h, décalé des sept semaines de purification du ‘Omer), le chiffre huit correspondant toujours dans la tradition juive au dépassement de l’ordre Naturel par un Sens transcendant et métaphysique.


Comme le rappelle Léon Askénazi, le Midrash dit que le Roi du monde après avoir offert un banquet à toutes Ses créatures a dit à son fils préféré : « Toi, reste un jour encore avec moi. C’est Sim’hat Torah ! »


Sim’hat Torah, c’est donc la célébration de l’intimité extraordinaire entre le Créateur et le peuple qu’il a choisi pour être digne de recevoir sa Torah. « Anokhi Hashem Eloheikha » (je suis Hashem Ton Dieu), dit le premier commandement reçu sur le Mont Sinaï. Comme l’explique le Maharal de Prague, ce commandement signifie : « Je ne suis pas ton Dieu de la même manière que Je suis le Dieu du monde tout entier. Je suis le Dieu qui t’a choisi pour te faire sortir d’Egypte et pour te donner sa Torah ».

 

Les deux parachiot lues le jour de Sim’hat Torah contiennent ce même message essentiel.


La dernière Parachah de la Torah, Vezot Haberakha, contient ce verset extraordinaire (33 :29), où l’on retrouve la notion de Yeshou’ha :

 אַשְׁרֶיךָ יִשְׂרָאֵל 

 Bienheureux es-tu, Israël !

מִי כָמוֹךָ, עַם נוֹשַׁע בַּיהוָה, מָגֵן עֶזְרֶךָ

 Qui est comme toi, peuple que sauve Hashem?  Bouclier qui te sauve…    

 

Quant à Berechit, première Parashah de la Torah, Rachi nous invite à en réinterpréter le premier verset si énigmatique :

Bereshit au commencmeent

Bara a créé

Elohim Dieu

Et hashamayim les cieux

Veet haarets et la terre

Comme l’explique le sage de Troyes :

« Ce texte demande, en fait, à être explicité. C’est comme nos maîtres l’ont expliqué : Le monde a été créé pour la Tora qui est appelée « le “commencement” de Sa voie » (Michlei 8, 22), et pour Israël qui est appelé « le “commencement” de Sa moisson » (Yirmeya 2, 3). »

 

Tel est également le message de cette année qui s’est écoulée depuis le Sim’hat Torah 5784, où s'est déroulé le pire massacre antisémite depuis la Shoah.

La haine compulsive et l’amour inconditionnel dont nous sommes l’objet depuis cet événement, les miracles à peine voilés dont nous avons été témoins, le dévoilement de l’héroïsme et de la sainteté exceptionnels de notre peuple sont autant de confirmations de cette prière récitée le Shabbat après-midi, et dont nos Sages disent qu’elle est contenue dans les Tefilines de Hakadoch Baroukh Hou lui-même :

« Tu es Un et Ton Nom est Un, et qui est comme ton peuple Israël, peuple un sur la terre ? »



 
 
 

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