Tous unis sous un même toit : Sinwar, Soukot et la fin des temps
- steveohana5
- 18 oct. 2024
- 5 min de lecture
Nous sommes nombreux à ressentir à des degrés différents l’intensité particulièrement forte de la période que nous vivons. L’annonce de l’élimination de Sinwar le premier jour de Soukot est une étape supplémentaire dans le puissant dévoilement qui est en cours. Les analyses de Léon Askénazi sur la fête de Soukot et sur la fin des temps, ainsi que celles de Jérôme Touboul sur les haftarot de Sukot apportent un éclairage cohérent et pertinent sur notre actualité. La fameuse guerre de Gog oumagog précédant la fin des Temps conduira-t-elle les nations représentées par Gog à rentrer enfin sous le Gag (« toit ») de notre Soukah ?

L’annonce de l’élimination de Sinwar le premier jour de la fête de Souccot est un événement de portée messianique[1].
· d’une part, par son timing : Sinwar a lancé son attaque meurtrière le dernier jour de Souccot 5784 et sa mort est annoncée le premier jour de Souccot 5785.
· d’autre part, parce qu’à l’inverse de l’élimination de Nasrallah, celle de Sinwar s’est produite de manière « fortuite », au cours d’une simple opération de repérage de terroristes effectuée par une unité d’infanterie régulière non spécialisée dans les éliminations de terroristes de haut rang. La Providence Divine y est donc encore plus manifeste que dans l’élimination du leader du Hezbollah.
Au-delà de ces premières analyses, la concomitance de cette élimination avec le début de la fête de Soukot est très chargée de signification.
Soukot est en effet la seule fête des trois fêtes de pèlerinage possédant une dimension universelle, comme l’indique sa proximité avec les fêtes de Rosh Hashana et de Kippour, célébrant la Création de l’Homme et le Jugement de l’Humanité à travers Israël.
C’était la fête où toutes les Nations apportaient des sacrifices au Temple de Jérusalem pour rendre gloire au Dieu Créateur. C’est ainsi que 70 taureaux était sacrifiés au Temple à Souccot en signe d’expiation des fautes commises par les 70 nations, et en signe de remerciement pour les pluies favorables qui permettent la vie sur Terre. De cette façon, elles reconnaissaient la place centrale d’Israël en tant que porteur du message divin pour l’Humanité et intermédiaire entre le Créateur et ses Créatures.
D’autre part, la mitzvah de la Soukah est la seule de la Torah qui, d’après le Talmud, a été donnée aux Nations.
Comme l’explique le rav Léon Askénazi[2] :
« Une Guémara enseigne qu’à la fin des temps au moment du jugement, les nations du monde s’émeuvent à propos de la Torah et du jugement dernier : elles argumentent que c’est une injustice d’être jugée d’après la Torah qu’elle n’ont pas reçu... C’est vrai qu’ils ne sont pas justiciables par rapport à la Torah et que seul Israël peut être jugé ! Il n’y a qu’à lire les journaux quotidiens et hebdomadaires universels pour voir que cela ne change pas !
Seul celui qui a accepté d’être jugé d’après la loi peut être jugé d’après la loi, quelle que soit la loi, à plus forte raison la Torah.
Alors les nations demandent : on efface tout et on recommence, propose-nous Ta Torah qu’on l’accepte ! Dieu leur répond : Je n’ai pas le temps, je vous donne une Mitsvah: la Soukah...
C’est donc la Mitsvah qui concerne les Oumot HaOlam. Les Goyim sont contents. Mais Dieu fait sortir le soleil de son fourreau, ce qui rend impraticable la Mitsvah, alors les Goyim claquent la porte de la Soukah et rentrent dans leurs maisons.
On a objecté à cette Guémara. C’est la Halakhah qui le prévoit que s’il fait trop chaud ou trop froid on n’a le droit de la quitter ! Pourquoi ont-ils été punis ? Réponse : parce qu’ils ont claqué la porte !
Lorsque quelqu’un qui a accepté la loi se trouve dans des conditions d’existence qui font qu’il ne peut pas appliquer la loi, il ne l’applique pas, mais il le regrette. Tandis que celui qui se trouve dans les conditions d’existence qui lui permettent de ne pas appliquer la loi et qui s’en réjouit c’est différent de nature. »
Une autre indication du caractère universel de cette fête tient à son rapport avec la guerre de Gog Oumagog, qui précède immédiatement l’arrivée du Machia’h.
Jérôme Touboul décrit ainsi le rapport de la fête de Soukot à la guerre de la fin des Temps[3] :
« La Haftarah lue le premier jour de Soukot est issue des derniers versets du livre de Zékharia (Zacharie). Ce texte évoque les temps qui précèdent l’avènement de l’ère messianique, et notamment les derniers combats menés par les représentants des 70 nations du monde (« Gog Oumagog ») contre Jérusalem.
La Haftara qui est lue au Chabat ‘Hol a Mo’ed est, quant à elle, issue de livre d’Ezéchiel, et permet d’approfondir les notions étudiées lors du premier jour de la fête autour de la bataille ultime qui sera menée par Hachem contre « Gog Oumagog ».
Nos Sages nous donnent plusieurs explications sur la signification de Gog Oumagog. Ce terme représente les nations opposées à Israël et qui refusent de reconnaître Hachem. A ce titre, elles incarnent les résistances sur Terre à l’avènement du Machia’h. Nos Maîtres nous font remarquer ainsi que la valeur numérique de Gog Oumagog correspond précisément à 70, à l’image du nombre des nations du monde à l’exception d’Israël.
Le Rav Chimchon Raphaël Hirsh nous fait remarquer que le mot Gog est proche du terme « Gag », qui désigne le toit d’une maison. Tout se passe finalement comme si Gog et son idéologie (« Magog ») voulait se convaincre que le seul toit sous lequel ils acceptent de s’abriter est celui de leur force, de leur pouvoir, indépendamment de la protection divine. Le peuple juif, en tant que représentant de la fidélité à Hachem, a une « force » qui dépasse radicalement l’homme, et à ce titre, elle est un obstacle à l’avènement de l’idéologie de Gog et doit être combattue.
C’est précisément dans cette reconnaissance de la toute-puissance de D.ieu, de la limite de l’homme, et de sa nécessaire soumission à Hachem que se jouent les clés de la rédemption finale. L’ultime bataille de l’humanité se jouera précisément autour de cet enjeu.
Or, la fête de Souccot est précisément le témoignage vivant de cette confiance du peuple d’Israël dans la protection de D.ieu et la proclamation de la vanité des protections humaines. Nous comprenons donc à quel point cette fête est insupportable aux yeux des tenants de l’idéologie de Gog Oumagog…
A cet égard, le modeste feuillage qui nous tient lieu de toit durant les sept jours de la fête de Souccot est l’arme la plus efficace contre les ennemis du peuple d’Israël, et le plus beau témoignage de notre reconnaissance envers D.ieu ! »
Le rav Léon Askénazi, s’appuyant sur les écrits du Maharal de Prague et du Rabbi Loubavitch[4], explique que la guerre de la fin des Temps opposera l’Occident (représentant de Essav) à la Perse (représentant d’Ishmaël à la fin des Temps) et que c’est l’Occident qui l’emportera sur la Perse et reconnaîtra alors au roi Machia’h sa souveraineté.
On ne peut qu’être frappé par l’accumulation des signes allant dans le sens de cette prophétie…
L’annonce de l’élimination de Sinwar hier nous a fait franchir une étape supplémentaire dans ce dévoilement, renforçant la légitimité d’Israël au sein des Nations et exposant plus que jamais l’Empire Perse après la décapitation de ses deux principaux proxys.
Puissent donc toutes les Nations du monde nous rejoindre sous le toit de notre Soukah (sans en claquer la porte !) pour célébrer avec nous la gloire d’Hashem !
[1] John Spencer, grand spécialiste américain des guerres urbaines et défenseur de la légitimité des actions de Tsahal depuis le début de ce conflit, parle de « justice poétique » pour qualifier cet événement. Voir son tweet à ce lien: https://x.com/spencerguard/status/1846983574563836225?s=46&t=_72zDI3ikLLLF1zz0p5trw


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