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Paracha Ekev : la crainte qui libère

  • steveohana5
  • 14 août 2025
  • 5 min de lecture

Récemment, le Rav Daniel David HaCohen a été condamné par les institutions juives françaises pour avoir rappelé au président Macron que s’opposer aux valeurs divines expose à un péril certain. La paracha Ékev introduit le triptyque (Hael hagadol, haguibor vehanora - « Dieu grand, puissant et redoutable »), repris dans la prière quotidienne de la ‘Amida. Dans ce triptyque, “nora” exprime en réalité la crainte que les valeurs de Dieu soient bafouées, crainte incarnée par le patriarche Ya’akov et la Sefira de Tiferet : l’intégrité. Aujourd’hui, l’Occident confond intégrité et intégrisme, réduisant toute référence à la Torah à une caricature dangereuse. Cette peur de dire la vérité divine (sur la terre d’Israël, sur la justice sociale de la Torah, sur la bénédiction et la malédiction) paralyse notre mission. Retrouver la yirat Hachem, c’est oser défendre ces valeurs coûte que coûte, pour sauver notre monde de la décadence morale.


Amida, by Sefira Lightstone
Amida, by Sefira Lightstone

 

Récemment, le Rav Daniel David HaCohen, grand kabbaliste de Jérusalem reconnu pour son érudition, son intégrité et son indépendance d’esprit, a été condamné publiquement par des institutions juives françaises. Son tort ? Avoir mis en garde le président Macron sur le péril auquel il s’exposait en persistant à vouloir combattre la volonté de Dieu par ses condamnations injustes d’Israël et par son projet de reconnaître un Etat palestinien sur les terres attribuées par Hachem au peuple juif[1].


Certes, ses propos ont pu être maladroits. Mais le fond du message (l’appel à replacer la crainte de Dieu au-dessus de toute considération humaine) n’a pas été discuté[2].


Le contexte et l’intention ont été effacés, remplacés par une condamnation sèche. Ce silence sur le sens profond révèle une inquiétante réalité : la crainte pour les valeurs divines est souvent supplantée par des considérations d’image, de stratégie politique ou de confort personnel.


 

La "crainte" dans Ekev


Dans notre paracha, Moshé décrit Hachem comme :

"הָאֵל הַגָּדוֹל הַגִּבּוֹר וְהַנּוֹרָא"

« Le Dieu grand (gadol), puissant (guibor) et “nora” » (Devarim, 10:17)

Ce triptyque est repris dans la prière quotidienne de la ‘Amida.


Traduit souvent par « redoutable », nora vient de yirah (« crainte ») : non pas crainte de Dieu comme d’un tyran qui se venge et qui punit, mais crainte que Ses valeurs soient salies ou profanées dans le monde (voir à ce sujet mon dvar torah précédent sur Ekev).


Dans la lecture kabbalistique, ce triptyque correspond aux Avot (patriarches) et aux Sefirot (les degrés ou canaux à travers lesquels se manifestent les différents attributs divins dans le monde) :

Gadol (dérivant de guedoula-grandeur) – Avraham – Chessed (bonté)

Gibor – Yits’hak – Gevoura (rigueur)

Nora – Yaakov – Tiferet (vérité harmonieuse)

Yaakov, Tiferet, incarne l’intégrité : le point d’équilibre entre bonté et rigueur.


Quelques versets plus tôt, Moshé nous dit :

 "וְעַתָּה יִשְׂרָאֵל, מָה יהוה אֱלֹקֶיךָ שֹׁאֵל מֵעִמָּךְ, כִּי אִם לְיִרְאָה אֶת יהוה אֱלֹקֶיךָ…"

— « Et maintenant, Israël, que demande Hachem de toi, sinon de Le craindre… » (Devarim, 10:12)


La yirah (« crainte ») dont il parle est cette vigilance intérieure qui nous pousse à protéger la vérité divine, même si cela nous coûte au plan personnel.


 

Le piège de notre époque


Aujourd’hui, dans le monde occidental, la crainte de Dieu est suspecte. Toute référence directe à la Torah est rapidement assimilée à un « intégrisme » religieux, souvent confondu avec l’intégrisme musulman qui repose sur une conception dévoyée et violente des valeurs divines.


Cette confusion est dramatique, car l’intégrité est le contraire de l’intégrisme :

·       L’intégrité est la fidélité aux valeurs divines au-delà de tout intérêt personnel ou matériel.

·       L’intégrisme, au contraire, est une instrumentalisation narcissique du sacré, où la religion sert à affirmer un pouvoir personnel ou à nourrir une identité dévoyée.


Refuser de faire la distinction, c’est condamner toute référence sincère au divin, et c’est aussi priver la société de la seule boussole morale capable de la redresser.


Ce raccourci est un piège dans lequel beaucoup de juifs tombent : pour éviter l’accusation d’intégrisme, on édulcore la Torah, on dilue sa vérité dans des discours consensuels, on choisit le langage acceptable plutôt que le langage vrai.


Mais en réalité, c’est précisément en revenant à la source authentique de vérité qu’est la Torah que l’on peut réparer le déclin moral de l’Occident. La Torah n’est pas une idéologie humaine, elle est la structure même de la moralité, le point de jonction entre justice et bonté, rigueur et compassion.



Yirat hachem (« crainte de Dieu ») – la fidélité coûte que coûte


La Yirat hachem dans Ekev, c’est l’exigence de rester fidèle aux valeurs divines, même si cela nous place en opposition avec les normes politiques, médiatiques ou culturelles dominantes.


Cela peut coûter cher, sur le plan de la réputation, des relations, ou même de la sécurité physique. Mais sans cette yirah, la vérité se corrompt, et la société, privée de sa source morale, s’effondre.


L’épisode du Rav HaCohen nous le rappelle : si nous plaçons notre confort avant nos valeurs, nous trahissons l’esprit de Ya’akov et la Sefira Tiferet. Mais si nous plaçons les valeurs divines avant tout, nous devenons porteurs de lumière dans un monde qui s’assombrit.


Et c’est là que se joue l’avenir : l’intégrité peut sauver le monde de la décadence morale. Or aujourd’hui, une véritable terreur intellectuelle, imposée par un certain ordre moral occidental, intimide quiconque ose tenir un discours de vérité fondé sur les principes de la Torah.


On a peur de rappeler que la terre d’Israël a été donnée intégralement au peuple juif, « from the river to the sea ».

On a peur d’affirmer que Dieu bénit ceux qui bénissent Israël et maudit ceux qui le maudissent[3].

On a peur de dire qu’Israël incarne les valeurs divines dans ce monde.

On a peur de se référer aux lois de repos de la terre, de remise des dettes, et de justice sociale de la Torah, qui s’opposent radicalement aux règles de fonctionnement du capitalisme actuel, sources de destruction, d’inégalités et de désordre.


Cette peur est un poison. Elle nous empêche de défendre la vérité, elle nous empêche de triompher du mal qui gangrène le monde. Et tant qu’elle dominera, l’Occident poursuivra sa chute morale.

 

La paracha Ekev nous appelle à choisir : céder à la peur, ou vivre avec l’intégrité de Ya’akov — Tiferet — et redevenir témoins et porteurs des valeurs divines, quelles qu’en soient les conséquences.

Que la yirat hashem vienne donc libérer et guider notre parole, pour faire régner les valeurs divines dans ce monde !

Amen ve Amen



[1]Voir ici la vidéo intégrale du rabbin https://www.youtube.com/watch?v=IFI7ov8Jhp0, les propos sur le président Macron à l’origine de la controverse se trouvant entre les minutes 32 et 33

[2] Voir ici une analyse de la controverse qui oppose le grand rabbin de France Haïm Korsia et le rav Daniel David Hacohen https://israel247.org/monsieur-le-grand-rabbin-korsia-faites-renoncer-macron-a-son-complot-contre-le-peuple-disrael-214634.html

[3] « Je bénirai ceux qui te béniront, et qui t’outragera, je le maudirai ; et par toi seront heureuses toutes les races de la terre. » (Berechit, 12 :3)

 
 
 

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