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Yom Kippour 5785 : réparer les fautes de l’exil et de la haine gratuite

  • steveohana5
  • 11 oct. 2024
  • 4 min de lecture

C'est un yom kippour exceptionnel que nous nous apprêtons à vivre. Faisant suite à la prise de conscience de la centralité d'Israël dans l'identité juive et de sa vocation unique parmi les Nations, il nous offre l'occasion de ressentir et d'effacer complètement les fautes de l'exil et de la haine gratuite.

 


Avec l'aimable autorisation de Gérard Darmon, artiste-peintre


Dans son commentaire sur la fête de kippour, le rav Léon Askénazi rapporte les réflexions du penseur Israël Eldad, personnage important dans la pensée juive traditionnelle :

« Eldad commence par mettre l’accent sur le fait que le Vidouï [confession des fautes] est d’ordre collectif et puis il dit qu’il manque dans ce Vidouï au fond l’aveu essentiel que nous devrions faire après le bilan de 2000 ans d’exil et cela continue. On n’a jamais demandé pardon ni fait Teshouvah, on n’a jamais avoué cette faute collective que pendant 2000 ans on était en exil. Cela m’a frappé parce que c’est un enseignement du Talmud à propos d’un verset d’Isaïe. Alors il a expliqué très bien qu’à un certain moment l’exil devient une faute. Et l’exil devient alors la punition de l’exil lui-même. Pendant tout le temps où le retour à Sion n’était pas possible, on était censé être sincère dans notre aspiration au retour, mais, dès que cela est redevenu possible, cela a dévoilé qu’on n’était pas tellement sincère que cela. Il explique avec des mots terribles à quel point c’est le plus grand crime que notre peuple a pu commettre sur lui-même et cela a été payé de catastrophes épouvantables et cela continue... »

 

Ces réflexions m’ont fait penser à l’histoire du rabbin Yisachar Shlomo Teichtal qui, au moment où éclate la seconde Guerre Mondiale, dirigeait à Pishtian en Slovaquie la Yechivah Moriah où se retrouve l’élite des étudiants du judaïsme ultra-orthodoxe d’Europe centrale. 

Le Rav Teichtal, constatant que l’étau va bientôt se refermer sur lui-même et les siens, s’enfuit en hâte en Hongrie où la communauté juive vit encore paisiblement – mais sera touchée de plein fouet au printemps 1944. Tapi dans un refuge de Budapest où il n’a pu emporter que ses Tefilines et où il ne dispose d’aucun livre, le Rav Teichtal constate le cataclysme qui s’abat sur son peuple. Il prend soudain conscience que le judaïsme ultra-orthodoxe s’est fourvoyé dans sa condamnation systématique et sans réserves – à laquelle lui-même adhérait – du sionisme.

Dans son livre-confession intitulé Em Habanim Semé’ha (« Comme une mère attend ses enfants »), un titre emprunté aux Psaumes, il explique que le judaïsme orthodoxe a eu tort de mépriser les Juifs qui édifient la terre que Dieu a promise à Son peuple. Étayant son propos par des ouvrages issus de tout l’horizon de la tradition juive (Bible, Talmud, Midrach, codes de lois, kabbale) il montre que les pionniers accomplissent une œuvre sainte, même si du fait de leur ignorance de la Torah, ils n’en ont pas conscience. Il explique que les Juifs religieux doivent aspirer à retourner en Israël, qu’ils ont le devoir de fraterniser avec les pionniers, de les aimer et de restituer en eux la Torah et la foi que la culture des pays de l’exil ont effacées.

La fin du Rav Teichtal fut tragique. Au moment où les Allemands envahirent la Hongrie, il revint en Slovaquie pensant qu’il y serait dès lors plus en sécurité. Il y fut capturé par les nazis et envoyé vers Auschwitz. Il trouva la mort pendant son transport dans des conditions atroces.

 

Les massacres du 7 octobre, dont nous venons de commémorer le premier anniversaire, ont provoqué un réveil semblable à celui du rav Teichtal dans la conscience juive universelle. Harcelés dans leurs campus, obligés de cacher leur solidarité envers Israël dans leur travail, songeant à retirer leurs mezouzas de leurs portes, changeant parfois même leurs noms, voyant les ennemis d’Israël et de l’Occident scander en toute liberté leurs slogans de haine dans les rues des capitales occidentales, dans l’indifférence voire l’hostilité de leurs responsables politiques et de leur « compatriotes », les Juifs de diaspora cultivent désormais une identité juive « clandestine », placée sous le signe honni de Sion. Ces épreuves, pour peu qu’on accepte d’en voir la portée et la signification, nous envoient un message clair : la place des Juifs se trouve en terre d’Israël.

 

La nation israélienne a connu elle aussi son propre réveil identitaire et moral. Nous savons tous désormais que nous ne serons jamais une nation « normale ». Nous avons redécouvert notre vocation historique, notre place de phare spirituel et moral pour les Nations. Si le peuple juif s’est réuni, après 2000 ans d’exil, sur la terre qui l’a vu naître, ce n’est pas pour y devenir une Nation comme toutes les autres, ce n’est pas pour nous y quereller sans objet et sans finalité, mais pour mener le travail de réparation du monde et le combat final des forces de Vie contre les forces de Mort. Et ce sont les hommes et femmes de Tsahal qui incarnent désormais l’Unité et la vocation du peuple d’Israël, ainsi que l’espérance de l’Humanité. Il ne faut pas chercher ailleurs les causes de la détestation dont Tsahal fait l’objet. Dans notre dvar torah sur la paracha Ki Tavo, nous avons vu que le but de notre présence en terre d’Israël était de reconstruire le lien de fraternité entre les hommes. Nous avons également expliqué que l’exil était la rétribution de la haine gratuite. La guerre finale engagée contre Amalek depuis le 7 octobre a provoqué en nous un grand mouvement naturel de Teshouva, sans qu’il soit nécessaire de passer à nouveau par le chemin douloureux de l’exil.


Ce kippour, le premier de l’après 7 octobre, est l’occasion pour les Juifs du monde entier de réparer définitivement et complètement les fautes de la haine gratuite et de l’exil.

Puissent tous nos frères de diaspora se laisser pénétrer par la douleur de l’exil et par l’amour de la terre d’Israël !

Puissions-nous, juifs israéliens, les aider à trouver ici leur place !

Puissent tous les enfants d’Israël cultiver entre eux l’amour inconditionnel et gratuit !

Puissent les Nations se réunir autour d’Israël pour glorifier le Créateur !

Puissent enfin le peuple d’Israël et les Nations célébrer le prochain Yom kippour 5786 réunies devant le Troisième Temple !

 

 

 

 

 

 

 

 
 
 

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