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Parachiot Tazria’-Metsora : les contractions de l’enfantement messianique

  • steveohana5
  • 2 mai 2025
  • 3 min de lecture

Les parachiot Tazria’ et Metsora’ traitent des états liminaires de l’être, ces moments de transition où l’on passe d’un état à un autre. Si le Machia’h est appelé Metsora’ (lépreux), c’est parce qu’il advient précisément, d’abord comme bouc émissaire, puis comme guérisseur et libérateur, dans cette faille, où le monde ancien se défait sans que le nouveau soit encore établi…

 


L'arrivée du Machia'h, par Alex Levin
L'arrivée du Machia'h, par Alex Levin

Les deux parachiot lues ce chabbat, Tazria’ et Metsora’, traitent des états liminaires de l’être, c’est-à-dire des moments de transition dans la vie de l’être, où l’on passe d’un état à un autre.


Ces états liminaires sont désignés comme « impurs » (en hébreu אטום-atoum, qui peut se traduire par « opaque », « bouché »), non pas à cause de la « saleté » à laquelle ils seraient associés, mais car ils se caractérisent par un déséquilibre de l’être, où le corps est détaché du flux normal de la vie.


Par exemple, la femme qui vient d’accoucher est déclarée « impure » par la Torah car elle cesse d’être l’hôte de la vie qui se développait en elle. Cette impureté est de plus longue durée quand la mère accouche d’une fille car une fille est elle-même capable d’engendrer la vie (14 jours d’impureté pour une maman donnant naissance à une fille au lieu de 7 jours pour un garçon).


De même, la femme après ses menstruations, ou l’homme après une perte séminale, sont considérés comme impurs, car ils ont perdu le potentiel de donner la vie. Et, dans ces deux cas, c’est l’immersion dans le Mikvé qui va rétablir le flux normal de la vie dans l’être.


Dans le cas de la tsara’at (צרעת, traduit improprement par « lèpre »), la maladie qui apparaît sur la peau traduit un dérèglement des relations de l’être avec le monde extérieur, souvent associé dans la Torah à la médisance. Le commentateur Onqelos traduit la « lèpre » biblique, tsara’at, par l’araméen סגירו, ce qui signifie à la fois enfermer et fermer : le chemin qui mène à l’âme est obstrué pour celui dont le corps est couvert des affections de la lèpre, en raison de sa déchéance morale. Et, dans ce cas, la cure consiste à se rendre auprès du médecin de l’âme, le Cohen, et à s’isoler du reste de la communauté, pour réparer le lien abîmé de l’être avec l’extérieur.


De façon très profonde, le Machia’h est appelé "Metsora’" (lépreux) dans leTalmud (Sanhédrin 98b) :

"Quel est le nom du Machia'h ?" Rabbi Yehoshua ben Levi dit : 'Il s'appelle le metsora’ (lépreux) de la maison de Rabbi, comme il est dit : 'Certes, il a porté nos souffrances, il s’est chargé de nos douleurs...' (Isaïe 53:4)."


En effet, la période messianique correspond précisément à une période liminaire de l’humanité, où se réalise la transition d’un monde régi par l’ego (et donc « bouché ») à un monde traversé par la lumière divine. La Torah donne à cette transition le nom de « ‘Hevlei Machia’h » (douleurs de l’enfantement messianique).


En effet, cette transition entre exil et délivrance, entre fragmentation et unité, ne saurait se produire sans douleur ni questionnement. C’est sur les cendres d’un monde en crise profonde de sens que peut se reconstruire un monde réparé. L’effacement forcé des identités et des frontières, la promotion de l’individualisme et du marché total, la relativisation des notions de vérité, de beau et de bien, la capture de notre attention et la remise en cause de notre humanité par la technologie, la destruction des structures sociales (famille, communautés religieuses, syndicats…) qui ont caractérisé le monde des cinquante dernières années nous ont amené aux désordres, guerres et conflits d’aujourd’hui. Comme la tsara’at, ces « maladies » sont le reflet du dérèglement spirituel de notre monde.


La période messianique est liminaire dans le sens où l’ancien monde se défait sans que le nouveau monde soit encore établi. Le Machia’h émerge dans cette faille, d’abord comme bouc émissaire, puis finalement comme guérisseur et comme libérateur. C’est un Metsora’ parce qu’il porte en lui la souffrance du monde, parce qu’il est stigmatisé et critiqué par un monde qui refuse dans un premier temps d’accepter sa maladie et de guérir. C’est cette étape préparatoire de purification qui va lui permettre de purifier lui-même ce monde malade et de devenir le vecteur de la royauté divine dans ce monde.

 

Puisse la lecture de ces deux parachiot éminemment actuelles nous aider à vivre cette transition avec optimisme, joie et confiance !

 

 

 

 
 
 

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