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Paracha Vayakhel : redécouvrir l’essence du travail

  • steveohana5
  • 21 mars 2025
  • 4 min de lecture

Pris dans la « matrice » de la servitude économique, nous avons perdu le sens-même du travail. La paracha Vayakhel, à travers le modèle du jeune artisan Betsalel, nous fait comprendre que l’essence du travail consiste à construire pour D.ieu une place dans ce monde. La gueoula (délivrance) à venir sera d’abord et avant tout une redécouverte du travail comme vecteur de reconnexion de l’homme avec D.ieu, c’est-à-dire en définitive de reconnexion de l’homme avec lui-même.

 


Emblème de l'école d'arts Betsalel de Jerusalem
Emblème de l'école d'arts Betsalel de Jerusalem


Da façon étonnante, la paracha, avant de décrire les travaux d’exécution du Mishkan, commence par nous rappeler le commandement de cesser tout travail le jour du chabbat, y compris les travaux relatifs à la construction du Mishkan.


L'un des buts de ce rappel est de nous montrer l’unité entre le travail relatif à la construction du Temple et les autres formes de travaux que réalise l’Homme sur la Terre – l’hébreu utilisant d’ailleurs le même mot ‘avodah pour désigner le travail en général et le service du temple en particulier. Ainsi, nous comprenons que l’essence de tout travail est de réparer et sanctifier le monde, et participer ainsi à la construction d’une place pour D.ieu dans ce monde.


Or, pris dans l’obsession de la performance et de la réussite matérielle, nous avons largement oublié la signification du travail, tel qu’il est défini ici par la Torah.


Betsalel (littéralement « à l’ombre de Dieu »), le jeune artisan chargé de diriger les travaux d’édification du Mishkan est sélectionné non pour ses qualifications ou son expérience, mais uniquement pour ses qualités de cœur : c’est un « sage de cœur » (‘hakham lev)[1], c’est-à-dire un homme capable de mettre tout son cœur dans son ouvrage, sans aucun ego, et avec une pureté d’intention totale.


Au lieu d'apprendre à nos enfants à devenir des "sages de coeur", la société et en particulier l’école leur apprennent dès le plus jeune âge à assimiler des leçons par coeur, à mesurer et comparer leurs performances au moyen des « notes », pour enfin les conditionner à « gagner leur vie » et à « s’élever dans la hiérarchie sociale » en travaillant dur dans les métiers les plus aliénants et les plus rémunérateurs.  


Cette « matrice » dans laquelle nous évoluons dès le plus jeune âge dénature notre rapport au travail (et donc à nous-mêmes et au monde) pour toute la suite de notre vie. Au lieu d’être des serviteurs du divin, le monde occidental a fait de nous des esclaves du système économique. Conditionnés à travailler pour consommer, accumuler et paraître, nous nous sommes éloignés du modèle des bâtisseurs de temple comme Betsalel.


La gueoula (délivrance) à venir sera d’abord et avant tout une libération de l’aliénation économique. Elle nous permettra de sortir enfin de la « matrice » de la servitude économique pour renouer avec la vocation initiale de travail, celle de la construction d’une place pour D.ieu dans ce monde.


Nous serons libérés de l’aliénation quand nous ne mesurerons plus notre performance par des critères quantitatifs et monétaires, quand nous ne nous sentirons plus obligés de « travailler pour vivre », c’est-à-dire quand, à la manière d’Adam et ‘Hava avant la faute, le travail redeviendra (comme il l’est en hébreu) l’autre nom désignant le service du divin, c’est-à-dire finalement l’autre nom de la vie.


Nous saurons que nous sommes délivrés quand la question « que fais-tu dans la vie ? » nous paraîtra complètement incongrue, puisqu’il nous sera devenu impossible de séparer le travail de la vie elle-même.


Comme l’explique le Maharal de Prague, à la fin des six premiers jours de la Création, Dieu se cache derrière l’apparence de la nature, et l’histoire de l’homme commence. Lorsque l’œuvre de l’homme à travers toute l’histoire du monde dans le grand jour du 7ème jour est achevée, alors apparait le 8ème jour qui est le jour à l’indice messianique.


Ce huitième jour sera un chabbat intégral, où la distinction entre saint et « profane », travail et repos, aliénation et liberté, deviendra obsolète. 


Comme l’écrit le rav Léon Askénazi dans son commentaire de la paracha Vayakhel[2]:

« C’est pourquoi le Beit Hamiqdash s’appelle la « maison de sainteté ». S’il y a sainteté, la présence réciproque de l’homme et de Dieu est possible. S’il n’y a pas sainteté, elle est impossible.

 Il y a là un thème qui explique l’ensemble du récit de la Torah. Plus il y a sainteté, plus la Shekhinah se dévoile. Moins il y a de sainteté, plus la Shekhinah est cachée. L’objectif de la construction du monde c’est donc de construire le Beit Hamiqdash. 

 Le Beit Hamiqdash dont la Torah parle est d’une certaine manière, le modèle, la préfiguration de ce que doit être le monde pour que l’homme et Dieu, Dieu et l’homme, soient présents l’un à l’autre dans le même monde, ce qui est le monde du 8ème jour. »


On comprend maintenant pourquoi la Torah consacre presque cinq sidrot entières aux détails de la construction du Mishkan. Ce dont elle nous parle, ce n’est pas seulement du Mishkan lui-même, c’est, de façon beaucoup plus profonde, du travail de l’homme sur terre pour réunir à nouveau Dieu et l’homme comme avant la faute d’Adam et ‘Hava. Quand, à l’image de Betsalel, l’homme sera un « sage de cœur » capable de réaliser tout son travail à « l’ombre de D.ieu », alors le travail ne sera plus un vecteur d’aliénation, mais un chemin de reconnexion de l’homme avec D.ieu, c’est-à-dire en définitive de l’homme avec lui-même.

 


 
 
 

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