Paracha Terouma : s’attacher à D.ieu
- steveohana5
- 28 févr. 2025
- 3 min de lecture
Les trois sifrei torah que nous allons sortir ce chabbat se rattachent tous au travail que nous devons faire pour nous attacher D.ieu (dvekout hachem), et permettre ainsi le Dévoilement de sa Présence dans la Création à travers la réédification du Beth Hamikdach. L’œuvre du Ram’hal est un précieux guide pour nous accompagner dans ce travail.

Le chabbat que nous allons vivre est très particulier. Trois sifrei torah vont être sortis : un pour la paracha terouma, un autre pour roch ‘hodesh adar, et un dernier pour la paracha shekalim, qui est lue traditionnellement le chabbat qui précède le roch ‘hodesh adar, mais qui cette année, tombe précisément le jour de rosh ‘hodesh.
Or, un lien apparaît entre ces différents dévoilements.
1. La paracha shekalim évoque la mitzvah par laquelle chaque enfant d’Israël est invité à participer au service du Temple par le don d’un demi-shekel (ma’hatsit hashekel). La symbolique du demi-shekel est très puissante : chaque enfant d’Israël n’est que la moitié d’un tout et, pour atteindre l’Unité, il doit faire un mouvement vers Hachem (le don du demi-shekel), et, en retour, Hashem fera alors un mouvement vers lui (en complétant son demi-shekel pour en faire un shekel plein).
2. Terouma est la première paracha qui aborde les règles relatives à la construction du Mishkan, le sanctuaire destiné à accueillir la présence divine dans la Création. Terouma peut être traduit par « offrande » : il s’agit d’une offrande très spécifique, qui ne correspond ni à de la tsedaka ni à un impôt ordinaire, que tout homme porté par son cœur (« kol-ish asher yidevenou libo », Chemot 25 :2) doit faire, de façon totalement spontanée et désintéressée, pour contribuer à l’édification du Mishkan. La shabbat terouma est donc par essence un chabbat propice au renforcement de notre attachement à Dieu pour faire de notre cœur et de ce monde une résidence pour Lui.
3. Enfin, le roch ‘hodesh adar, celui de la fête de Pourim, est lié à la mitzvah du demi-shekel et au Temple car :
- selon le Talmud, la tentative d'Haman d'anéantir les Juifs en payant 10 000 talents à Achashverosh a été contrecarrée par le mérite du peuple juif qui a fait des dons d'un demi-shekel (Meguila 13b)
- le mot Adar (אדר) est formé de la juxtaposition de la lettre א (lettre associée au chiffre 1 représentant l’Unité du créateur) et de דר (de la même racine que דירה (dira), qui désigne une habitation en hébreu).
On le voit donc clairement, le travail qui nous est demandé ce shabbat est celui de s’attacher à notre Créateur (dvekout hachem), travail qui est le prélude à la reconstruction du Beth Hamikdash et à la Délivrance.
Le Ram’hal (Rabbi Moshe ‘Haim Luzzato), grand cabbaliste du 18ème siècle, explique dans son livre La Voie des Justes (Mesilat Yecharim), que cet attachement à D.ieu passe par cinq vertus fondamentales :
- La crainte, crainte révérencielle de D.ieu en tant que Roi grand et redoutable
- La marche dans ses voies, travail intérieur et rigoureux à effectuer sur notre caractère, afin de restaurer la fraternité entre les hommes
- L’amour envers notre Créateur, qui doit éveiller notre âme à lui faire plaisir et à éprouver de la joie à chaque fois que l’on réalise un acte dans ce domaine
- La perfection du cœur, c’est-à-dire la pureté de l’intention, qui doit faire que notre préoccupation ultime doit être Lui et rien d’autre
- Le respect de tous les commandements, qui est à prendre au sens propre, consiste en l’observance en toute circonstance de tous les commandements dans chaque détail
Pour y parvenir, le Ram’hal recommande l’ascèse et la recherche de l’isolement (hitbodedout), qui permettent le détachement des préoccupations matérielles et l’abstraction des soucis et des mauvaises pensées. Si le Ram’hal avait vécu en ces temps de servitude numérique, il aurait probablement ajouté la déconnexion des réseaux sociaux et la prise de distance vis-à-vis des smartphones, qui sont devenus aujourd’hui les principaux écrans éloignant notre conscience de notre âme et du Créateur.
Je finirai ce dvar torah avec la prière du Ram’hal en clôture de son livre Mesilat Yecharim :
Que le Saint Bénit Soit-Il, par Sa miséricorde, ouvre nos yeux dans sa Torah. Qu’Il nous indique Ses voies ; qu’Il nous fasse marcher dans Ses chemins et qu’Il nous accorde le mérite de glorifier Son Nom et de lui donner satisfaction !
Que l’honneur de D.ieu soit à jamais ! Que le Seigneur se réjouisse de ses œuvres ! Qu’Israël se réjouisse de son Créateur ! Que les enfants de Sion se félicitent de leur Roi ! (Psaumes 104, 31 ; 149, 2)
Amen, Amen, et Amen


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