Paracha Lekh Lekha : le sionisme, (seul) chemin vers l’universel
- steveohana5
- 8 nov. 2024
- 4 min de lecture
Avraham, le « premier sioniste », apparaît dans l’histoire au moment où se fracasse le premier projet à prétention « universaliste », celui de Babel. La réélection de Donald Trump il y a quelques jours marque la fin de la nouvelle Babel qui s’est construite sur les ruines de la Seconde Guerre mondiale. Les héritiers d’Abraham vont jouer le rôle d’éclaireurs dans un monde à réparer et reconstruire.

Le premier verset de notre paracha constitue l’acte de naissance du sionisme :
Vayomer Adonay el-Avram
Et Dieu dit à Abram
lekh lekha
va pour toi
me'artsecha
de ton pays
oumimoladetecha
de ta terre natale - lieu de naissance
oumibeyt avikha
de ta maison paternelle
el-ha'arets asher ar'eka
vers le pays que Je t’indiquerai
Comme l’expliquent Rachi et Léon Askénazi, Dieu n’a pas besoin ici de dire à Avraham (qui s’appelle encore Abram) où il faut qu’il se rende. Avraham le sait déjà car, descendant du premier hébreu Ever, il se sait déjà en exil lorsqu’il se trouve à Babel et il connaît déjà sa terre d’appartenance, la terre de Cana’an.
Mais que faisaient donc déjà les Hébreux en exil à Babel ?
Léon Askénazi nous fournit la réponse :
« Le Midrash explique ainsi comment Tera’h [père d’Abram] s’est converti à la religion d’Abram qui est revenu à la religion de ses ancêtres les Hébreux. Les Hébreux ne commencent pas avec Abraham mais commencent avec Ever qui est une souche de Shem d’avant la diaspora humaine.
C’est pourquoi il y a les Goyim, résultat de la diaspora humaine, et les descendants des Hébreux, ceux qui sont devenus Israël. Les autres se sont instaurés en rivalités d’Israël.
On va se poser la question de la signification de ce Tera’h fabricant-marchand d’idoles :
Par équivalence, en termes philosophiques, Tera’h fabriquait les idéaux des Goyim. Une idole est le support matériel qui symbolise un idéal. Alors il était en fonction de juif de diaspora: fabricant d’idéaux. Il était le grand-prêtre du paganisme de Mésopotamie. Le fabricant d’idole c’est le grand-prêtre du temps. Il s’était fait avoir et s’était donc paganisé, piégé dans son rôle et sa fonction diasporique. Si j’osais je dirais un peu ce qui est arrivé à Lustiger… A force d’être Israël au service de la France, il est cardinal de France...
Voilà ce que faisaient les Hébreux à Our-Qasdim. Je pris cela un peu sous forme de Midrash, mais c’est très sérieux. Ce Midrash définit la fonction de l’identité hébraïque de diaspora au temps des Hébreux chez les Goyim : officiellement ils sont marchands de céréales : intermédiaires en nourritures terrestres. Mais en réalité ils sont médiateurs en nourritures spirituelles. Cela va ensemble mais l’un cache l’autre. »
Et le retour à Sion apparaît précisément où le roi de Babel Nimrod commence à jeter les Hébreux dans les fours crématoires.
« Quand le peuple d’Israël diagnostique le risque de solution finale, on fonde le sionisme : le 1er sioniste c’est Abraham. », explique Léon Askénazi.
Le frère d’Abram Haran, qui, d’après le Midrash Raba, « hésitait entre Nimrod et Abram », périra dans les fours crématoires, ceux-là même dont le briseur d’idoles Abram sortit vivant par miracle… Le troisième frère Na’hor suit Abram jusqu’à Haran (aux portes de la terre de Canaan) mais, à partir de là, il se sépare d’Abram et perd son identité. Quant à Lot, fils de Haran, il va également suivre Abraham jusqu’au seuil de la terre de Canaan puis se séparera de son oncle pour fonder des identités rivales d’Israël (Moab et Ammon) sur la rive Est du Jourdain.
Ainsi sont illustrées à travers les fils de Terah les trois issues possibles de l’existence diasporique : la mort dans les chambres à gaz avec Haran, l’assimilation aux autres Nations avec Na’hor (dont l’une des modalités peut devenir la haine de soi à travers l’exemple de Lot), ou le sionisme (« l’ assimil à Sion ») avec Abram.
La paracha Lekh Lekha nous indique ainsi que le sionisme est la voie par laquelle est préservée l’aspiration de l’Humanité à l’universel.
Babel fut la première tentative de l’Humanité de retrouver son unité perdue mais celle-ci a échoué car, derrière cette intention louable, se cachait en fait un impérialisme, c’est-à-dire une aspiration totalitaire : le projet Babélien, qui se construit contre Dieu, était une négation de la pluralité des identités humaines.
La même aspiration totalitaire se retrouve dans toutes les tentatives historiques de « réunifier l’Humanité » sous un même étendard prétendument « universaliste » : l’Empire Perse, la Grèce, l’Empire Romain, la Révolution Française, la Révolution Bolchévique, le nazisme, l’islamisme… Chacun de ces impérialismes a logiquement visé les Juifs en tant que Nation, car l’hébraïsme est précisément l’autre modalité de l’universel, celle qui n’est pas au service de l’ego mais replace la Volonté Divine au cœur du projet de réunification de l’Humanité.
La réélection de Donald Trump -et le mandat très clair que lui donne le peuple américain pour renverser l’ordre établi- marquent précisément la fin d’une nouvelle utopie babélienne issue des ruines de la seconde guerre mondiale, celle consistant à abolir les Nations sur l’autel d’un grand marché planétaire, où règnent en maîtres (sous le couvert de la « démocratie » et du « libéralisme ») les multinationales et l’idéologie wokiste… Il n’était donc guère étonnant qu’Israël ait été à nouveau la cible de ce nouvel impérialisme à prétention universaliste.
La guematria de Donald Trump en hébreu- דונלד טראמפ-, 426, est la même que משיח בו דוד (Machia’h ben David). Comme nous l’avons expliqué dans notre commentaire sur Soukkot et la fin des Temps, le Maharal de Prague et le Rabbi Loubavitch prophétisent que la guerre de la fin des Temps opposera l’Occident (représentant de Essav) à la Perse (représentant d’Ishmaël à la fin des Temps) et que c’est l’Occident qui l’emportera sur la Perse et reconnaîtra alors au roi Machia’h sa souveraineté.
Chaque jour qui passe semble nous rapprocher un peu plus de cette délivrance. Puissions-nous être à la hauteur de l’immense responsabilité qui est la nôtre !


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