top of page
Rechercher

Paracha Haazinou : la vengeance divine et le rire des Justes

  • steveohana5
  • 2 oct. 2024
  • 5 min de lecture

Un lien subtil unit notre actualité avec la fête de Roch Hachana et la paracha Haazinou : celui du rétablissement la Justice divine dans ce monde. Le jour de Roch Hachana, nous lisons la paracha relatant la naissance de Yitzhak, dont le prénom a pour sens littéral « il rira ». Les Justes sont ceux qui, ne pouvant se satisfaire de l’injustice du monde, réservent leur rire pour la fin des temps. Alors, pour cette nouvelle année, je nous souhaite de rire à pleines gorgées du prochain dévoilement, à travers Israël, de la Gloire divine dans ce monde.



Rabbi Ofer Erez

 

Hier soir, alors que je venais chercher ma fille chez son amie, une sirène a retenti. J’ai donc trouvé refuge dans un abri collectif, où étaient réunies des familles entières, des bébés, une grand-mère avec son chien dans les bras… et une femme avec son livre de Tehilim


Avec calme et confiance, elle récitait à voix basse les psaumes, concentrée sur sa tâche pendant que les autres avaient les yeux rivés sur leurs écrans et les nouvelles. Elle m’a alors prêté son livre, en me disant qu’elle pouvait également lire sur son portable. Et j’ai commencé à lire moi aussi à côté d’elle…


Les psaumes semblaient avoir été écrits pour nous, dans cet instant où, devant nous, l’Histoire de notre peuple et de l’Humanité s’écrivait. Tandis que l’on entendait les détonations au dehors de l’abri – des détonations qui dépassaient en intensité tout ce que j’ai pu connaître jusqu’à présent – les paroles du roi David résonnaient incroyablement avec notre présent.


Particulièrement le psaume 94, où David appelle la vengeance de Dieu contre les méchants de ce monde :

Dieu des vengeances, Éternel! Dieu des vengeances, parais!

 Lève-toi, juge de la terre! Rends aux superbes selon leurs oeuvres!

Jusques à quand les méchants, ô Éternel! Jusques à quand les méchants triompheront-ils?

Ils discourent, ils parlent avec arrogance; Tous ceux qui font le mal se glorifient.

Éternel! ils écrasent ton peuple, Ils oppriment ton héritage;

 Ils égorgent la veuve et l'étranger, Ils assassinent les orphelins.

 Et ils disent: L'Éternel ne regarde pas, Le Dieu de Jacob ne fait pas attention!

 Prenez-y garde, hommes stupides! Insensés, quand serez-vous sages?

 Celui qui a planté l'oreille n'entendrait-il pas? Celui qui a formé l'oeil ne verrait-il pas?

 Celui qui châtie les nations ne punirait-il point, Lui qui donne à l'homme l'intelligence?

 L'Éternel connaît les pensées de l'homme, Il sait qu'elles sont vaines.

 Heureux l'homme que tu châties, ô Éternel! Et que tu instruis par ta loi,

 Pour le calmer aux jours du malheur, Jusqu'à ce que la fosse soit creusée pour le méchant!

 Car l'Éternel ne délaisse pas son peuple, Il n'abandonne pas son héritage;

 Car le jugement sera conforme à la justice, Et tous ceux dont le coeur est droit l'approuveront.

 Qui se lèvera pour moi contre les méchants? Qui me soutiendra contre ceux qui font le mal?

 Si l'Éternel n'était pas mon secours, Mon âme serait bien vite dans la demeure du silence.

 Quand je dis: Mon pied chancelle! Ta bonté, ô Éternel! me sert d'appui.

 Quand les pensées s'agitent en foule au dedans de moi, Tes consolations réjouissent mon âme.

 Les méchants te feraient-ils siéger sur leur trône, Eux qui forment des desseins iniques en dépit de la loi?

 Ils se rassemblent contre la vie du juste, Et ils condamnent le sang innocent.

 Mais l'Éternel est ma retraite, Mon Dieu est le rocher de mon refuge.

 Il fera retomber sur eux leur iniquité, Il les anéantira par leur méchanceté; L'Éternel, notre Dieu, les anéantira.

 

Je n’ai pas pu m’empêcher de penser en lisant ce psaume à la paracha Haazinou que nous lirons ce chabbat. Cette paracha contient elle aussi un cantique extraordinaire récité par Moché juste avant sa mort, cantique qui, avec la bénédiction donnée par Moché aux douze tribus d’Israël (qui sera lue le jour de Sim’ha Torah), clôture les cinq livres de la Torah.


En voici les dernières lignes :

Reconnaissez maintenant que c'est moi, qui suis Dieu, moi seul, et nul dieu à côté de moi! Que seul je fais mourir et vivre, je blesse et je guéris, et qu'on ne peut rien soustraire à ma puissance.

Oui, j'en lève la main au ciel, j'en atteste mon éternelle existence

Quand j'aiguiserai l'éclair de mon glaive, quand ma main s'armera du châtiment, je prendrai ma revanche sur mes adversaires, je paierai de retour mes ennemis.

J'enivrerai de sang mes flèches, et mon glaive se repaîtra de chair, du sang des mourants et des captifs, du crâne des capitaines ennemis!"

Nations, félicitez son peuple, car Dieu venge le sang de ses serviteurs; il exerce sa vindicte sur ses ennemis, réhabilite et sa terre et son peuple!"

 

Une même idée se dégage du psaume 94 et du cantique de Moché dans Haazinou : la « vengeance » de Dieu est un motif de réjouissance pour les Justes.  Les 70 Nations (du même nombre que le nombre de versets du cantique de Haazinou), le ciel et la terre (pris à témoin par Moché au début de son cantique) poussent un cri d’enthousiasme lors du châtiment providentiel car ce châtiment instaure une nouvelle confiance dans la fermeté et la moralité des forces qui règnent dans ce monde. Si chaque injustice de ce monde est une profanation du Nom divin, chaque réparation de ces injustices en est une sanctification.

En cette veille de Roch Hachana, toute l’Humanité se voit donner l’occasion de célébrer la Justice Divine qui s’exerce à travers l’armée d’Israël : d’abord, à travers l’opération des « beepers » du Hezbollah, qui a frappé avec la précision d’une plaie divine les serviteurs du Mal, ensuite, à travers l’élimination de Nasrallah, qui a péri par suffocation sous l’effet des gaz, et, très bientôt b’h, à travers les représailles à venir contre les mollahs iraniens, les principaux cerveaux du Mal dans ce monde.


Ceux qui ne parviendront pas à se réjouir de la destruction du Mal seront très sévèrement jugés en ce jour de Roch Hachana, qui est appelé alternativement Yom Hazikaron (le jour du souvenir) et Yom Hadin (le jour du jugement). Chaque Nation, et chaque homme individuellement, est aujourd’hui placé devant une immense responsabilité, celle de choisir entre les forces de la Vie ou celles de la Mort.


Comme l’explique le rav Léon Askénazi, l’une des raisons pour lesquelles nous lisons la paracha Vayera (relatant la naissance et la circoncision de Yitzhak) le jour de Roch Hachana est la suivante : si Avraham représente la dimension de la miséricorde (‘hesed), Yitzhak incarne celle de la rigueur et de la justice (din), caractérisant la fête de Roch Hachana.


Yitzhak, cela signifie littéralement « Il rira ». Tandis qu’Ismaël rit au présent (« metsa’hek »), Yitzhak réserve en effet son rire pour la fin des temps, quand la Justice divine règnera enfin sur la Terre. « Rira bien qui rira le dernier »…


Alors, pour cette nouvelle année, je souhaite à tous les Justes de ce monde de sécher leurs larmes et de rire à pleines gorges du rétablissement de la Justice Divine dans ce monde, comme le suggère le roi David dans le Psaume 126 :

Quand l'Éternel ramena les captifs de Sion, Nous étions comme ceux qui font un rêve.

Alors notre bouche était remplie de cris de joie, Et notre langue de chants d'allégresse; Alors on disait parmi les nations: L'Éternel a fait pour eux de grandes choses!

L'Éternel a fait pour nous de grandes choses; Nous sommes dans la joie.

Éternel, ramène nos captifs, Comme des ruisseaux dans le midi!

Ceux qui sèment avec larmes Moissonneront avec chants d'allégresse.

Celui qui marche en pleurant, quand il porte la semence, Revient avec allégresse, quand il porte ses gerbes.

 

 

 

 

 

 
 
 

Posts récents

Voir tout
Mon premier Pourim

Samedi matin, comme presque chaque chabbat, Nathalie et moi avons assisté à un cours du rav Benharrouche, à Amit (Ra'annana), en hébreu, consacré à la signification d’Amalek et à la fête de Pourim. Il

 
 
 

Commentaires


©2020 par Un autre regard. Créé avec Wix.com

bottom of page