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Paracha Emor et Lag ba’omer : les blasphémateurs d’hier et d’aujourd’hui

  • steveohana5
  • 16 mai 2025
  • 5 min de lecture

Le blasphémateur de la paracha Emor incarne la confusion identitaire et la rupture avec la source divine. Aujourd’hui encore, ce blasphème ressurgit quand des Juifs de diaspora ou des leaders étrangers, comme Trump, prétendent parler au nom d’Israël sans en partager la destinée. En ce Lag BaOmer, jour de « hod shebe’hod », nous sommes appelés à dépasser le besoin d'être aimés et protégés par les Nations et à placer notre confiance uniquement en Hachem, seul garant de l’unité et de la souveraineté d’Israël.



Lag Ba'omer sur le Mont Meron, par Alex Levin
Lag Ba'omer sur le Mont Meron, par Alex Levin

 La paracha Emor se conclut sur l’épisode célèbre du blasphémateur :

Vayikra 24, 10-12 :

« Il arriva que le fils d’une femme hébreu, lequel avait pour père un homme égyptien, était allé se mêler aux enfants d’Israël ; une querelle s’éleva dans le camp, entre ce fils d’une israélite et un homme d’Israël. Le fils de la femme israélite proféra, en blasphémant, le Nom saint ; et on le conduisit à Moshé. Le nom de sa mère est Shelomit fille de Divri, de la tribu de Dan. On le mit en garde à vue, jusqu’à ce qu’une décision intervînt selon la parole du Seigneur ».


Pour comprendre l’origine de cet incident, il faut se reporter à Shemot 2 :11-12 :

« En ces temps-là, Moshé grandit et il sortit vers ses frères pour voir leurs souffrances et il vit un homme égyptien frappant un Hébreu parmi ses frères. Il se tourna d’un côté et de l’autre, et vit qu’il n’y avait aucun homme, il frappa l’homme égyptien et l’enterra dans le sable ».


Le Midrash Shemot Raba enseigne : L’Égyptien faisait partie des contrôleurs qui surveillaient le peuple. Il avait remarqué parmi les Juives une jolie femme et avait imaginé de faire sortir son mari au travail la nuit, et lui-même venait et dans l’obscurité se faisait passer pour son mari. Mais l’Hébreu s’en aperçut et l’Égyptien le sut, aussi le tourmentait-il et le frappait-il toute la journée pour le faire mourir. Et le nom de la femme était Shelomit fille de Divri. Moshé, voyant comment l’Égyptien voulait faire mourir l’Hébreu, le tua. Mais elle eut un enfant, fils de l’Égyptien, qui devint le blasphémateur en question.


Cet épisode du blasphémateur pose ainsi la question du rapport au divin et à Israël dans un contexte de « dualité identitaire ». Le blasphémateur de notre paracha a un rapport complexe au peuple d’Israël : hébreu par sa mère, égyptien par son père, lui-même tué par Moshé pour venger le mari de sa mère…


Cette dualité identitaire fait écho au statut des Juifs de diaspora aujourd’hui : ils sont à la fois membres de la nation d’Israël par leur ascendance abrahamique et séparés de la nation d’Israël aux plans géographique et politique. Ainsi, toute critique de la politique israélienne émanant d’un Juif de diaspora est ambigüe. A qui, en effet, ce Juif de diaspora adresse-t-il cette critique ?  


Si c’est au gouvernement et au peuple israéliens, alors il serait plus cohérent, légitime et utile qu’il acquière la citoyenneté israélienne et le droit de vote en faisant son alya, puis qu’il influence le destin d’Israël depuis l’intérieur de la nation israélienne, une nation souveraine et démocratique. Si, pour des raisons personnelles, ce Juif de diaspora ne peut pas pour l’instant effectuer son alya, il pourrait au moins se rendre physiquement en Israël pour adresser directement sa critique au public et au gouvernement israéliens, marquant ainsi son appartenance spirituelle et son soutien moral à la nation d’Israël.

Si la critique s'adresse au public français, alors il est légitime de se demander si la motivation profonde (et peut-être inconsciente) de l'auteur n'est pas de « chercher à se faire mieux accepter ou apprécier » par ses concitoyens. Dans ce cas, la critique pourrait devenir une forme de blasphème, notamment si elle est exprimée sous la forme du : « Not in my name » (« Le gouvernement israélien ne représente pas les valeurs de la Torah telles que je les conçois, moi, Juif de la diaspora vivant en dehors d'Israël »). En effet, les valeurs de la Torah seraient alors détournées et instrumentalisées au service d'une motivation personnelle, qu'elle soit consciente ou non. 


Il y a deux semaines, j’ai assisté à une conférence du Grand Rabbin Haïm Korsia à l’université de Tel Aviv. Il y exposait la ligne de conduite qu’il s’est fixée sur ce sujet : ne jamais émettre la moindre critique d’Israël dans les médias. Une position qui a le mérite de lever l’ambiguïté évoquée plus haut. Hélas, d’autres rabbin(e)s n’ont pas adopté la même retenue, et cette divergence a engendré des divisions internes qui affaiblissent non seulement la cohésion politique et spirituelle du peuple d’Israël, mais aussi, en conséquence, la manifestation des valeurs divines dans le monde.


Une autre forme de blasphème a été proférée cette semaine, cette fois par Donald Trump, quand il a déclaré cette semaine au cours de sa visite à Riyadh, Doha et Dubaï, en réponse à une question sur le fait qu’il ait évité une escale en Israël :

« C’est bon pour Israël, avoir une relation comme celle que j’ai avec ces pays, je pense que c’est très bon pour Israël. »[1]


Par ces propos, Trump prétend parler au nom de l’intérêt d’Israël, ce qui est particulièrement déplacé après avoir accepté un cadeau à du Qatar à 400 millions de dollars[2], et avoir admis lui-même que l’un des buts affichés du Qatar était d’influencer les Etats-Unis pour éviter une confrontation avec le régime des mollahs[3]


Dans toute l’histoire, Essav (aujourd’hui représenté par l’Occident) a cherché à parler au nom d’Israël, pour accaparer son message et détourner sa mission rédemptrice. Cette semaine, beaucoup de masques sont tombés et nous avons pu voir qu’Essav (pris lui aussi depuis toujours dans une dualité identitaire) n’a pas réellement accompli sa techouva : il continue comme il l’a toujours fait à prétendre servir la morale et des but spirituels, tout en ne cessant jamais d’être fasciné et envoûté par les appâts de la matière…


Face aux blasphèmes (intérieurs comme extérieurs) dont il est l’objet, Israël doit plus que jamais continuer à se battre au nom des valeurs du divin et de la morale universelle, dont il est aujourd’hui devenu le seul représentant et défenseur.


En ce jour de lag ba’omer (33ème jour dans le compte du ‘omer, ce qui représente dans les sephirot, le hod au sein du hod, c’est-à-dire la reconnaissance dans la reconnaissance), nous devons plus que jamais renforcer notre reconnaissance en Hachem et notre soumission totale et complète à sa Volonté. Ce moment où nous sommes critiqués par tous (y compris depuis l’intérieur d’Israël) et semblons être « lâchés » par les chefs d’Etat que nous croyions être nos plus fidèles soutiens, est l’occasion par excellence de nous guérir de l’illusion de nous en remettre pour notre protection à des calculs d’intérêt, à l'amour des Nations ou à des « parrains extérieurs » et de placer toute notre confiance dans Hachem, notre seul Protecteur et Bienfaiteur.


Puissions-nous donc renforcer notre emouna pour pouvoir faire rayonner la gloire (traduction française courante de la sephira de hod) d'Israël et de son Nom contre tous les blasphémateurs !

 


 
 
 

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