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Paracha Chelah Lekha : des sauterelles devenues lions, ou le retour à la source divine

  • steveohana5
  • 20 juin 2025
  • 6 min de lecture

Juste avant le déclenchement de l’opération AmKeLavi (« un peuple comme un lion »), Benyamin Netanyahu invoque l’aide de Dieu, conscient que la force d’Israël repose sur sa connexion au divin. Cette attitude contraste avec la perte de emouna des explorateurs de la paracha Chela’h Lekha, qui se voyaient comme des « sauterelles » face aux géants. Le tsitsit, donné en réponse à la faute des explorateurs, recentre le regard et redonne à l’homme sa juste stature. Les soldats qui le portent se sentent alors non plus petits et écrasés, mais forts et majestueux « comme des lions ». Chaque guerre menée dans cette conscience devient un dévoilement de la mission d’Israël dans l’histoire. L’opération AmKeLavi, qui fait écho à une prophétie vieille de plus de 700 ans, dégage un très fort parfum de gueoula…

 

Blason de la ville de Jérusalem, avec le lion du Yehuda au centre, représentant la royauté, la force et le courage, et les branches d'olivier sur le contour, représentant la paix et l'espoir
Blason de la ville de Jérusalem, avec le lion du Yehuda au centre, représentant la royauté, la force et le courage, et les branches d'olivier sur le contour, représentant la paix et l'espoir

Revenant sur le déclenchement de l’opération AmKeLavi (« un peuple comme un lion »), Benyamin Netanyahu a récemment expliqué :

« Lorsque j’ai donné le feu vert pour l’opération, savez-vous comment j’ai résumé la discussion ? Que Dieu soit de notre côté ! Avoir de la détermination ne suffit pas, nous avons besoin de l’assistance divine. Nous avons besoin de l’assistance divine, car personne ne sait ce qui va se passer. »


Arye Deri, qui a été le seul représentant des partis orthodoxes à être mis au courant de la préparation de cette opération, a décrit, dans un éditorial pour le journal Haderech, journal officiel du parti Shas, les longues discussions et hésitations qui ont précédé le déclenchement de la guerre contre l’Iran :

« C’était la décision la plus difficile qu’ait jamais prise un cabinet dans l’histoire de l’État d’Israël. De longs mois de discussions, des centaines d’heures d’évaluations sécuritaires, d’analyses et d’estimations des risques – tout cela s’est résumé en un seul moment, chargé et décisif : celui d’approuver ou non le plan d’attaque militaire contre l’Iran », écrit-il – ajoutant que, bien qu’il ne puisse entrer dans les détails, ce que vous voyez n’est que la partie émergée de l’iceberg. »


Affirmant qu’il avait prié pour recevoir une guidance divine, Arye Deri explique qu’après le début de l’attaque, le Premier ministre Benyamin Netanyahu lui a confié :

« La providence divine est le plus grand parti de la coalition. »


Ces déclarations nous éclairent sur l’état d’esprit qui a animé nos dirigeants au moment où ils ont entraîné la nation d’Israël dans cette guerre, et qui a probablement contribué aux succès extraordinaires rencontrés jusqu’à présent.


La paracha Chelah Lekha, paracha dite des « explorateurs », nous offre un saisissant contraste de cet état d’esprit.


Au début de la paracha, Moshé envoie en effet douze espions (meraglim ou « explorateurs »), représentant chacune des douze tribus d’Israël, dans le but d’explorer la Terre d’Israël que le peuple est sur le point de conquérir. Quarante jours plus tard, dix de ces espions rapportent que le pays est habité par des géants et des guerriers "invincibles", « aux yeux desquels les chefs hébreux étaient des sauterelles ». Seuls Caleb (de la tribu de Yehuda) et Yéhochoua (de la tribu d’Ephraïm) maintiennent que la terre peut être conquise comme D.ieu l’a promis. Le peuple se désespère et affirme qu’il serait préférable de retourner en Egypte. D.ieu, en colère, décrète que l'entrée des enfants d'Israël dans le Pays sera retardée de 40 ans, le temps que la génération de la sortie d’Egypte s'éteigne dans le désert.  


La réticence des explorateurs à conquérir la terre cache une peur plus profonde : celle de ne pas réussir à incarner les valeurs de l’Infini dans le monde matériel. Car entrer en Israël signifiait quitter le havre spirituel du désert, fait de manne céleste, de Torah et de présence divine palpable, pour s’engager dans une réalité complexe : mener des guerres, bâtir une société juste et travailler la terre.


De façon intéressante, le peuple, désireux d’expier sa honte et sa culpabilité, souhaite immédiatement après la faute des explorateurs, entrer en guerre contre les Amalécites et les Cananéens, comme pour se prouver à lui-même sa capacité à incarner les valeurs du divin dans le monde de la matière.


« Vous vous êtes éloignés de l’Éternel, et l’Éternel ne sera pas avec vous ! », les avertit Moshé (Bamidbar, 14 :43). Pourtant, ils persistèrent, d’où leur nom de « ma’apilim » (les obstinés), et gravirent la montagne, pour être finalement taillés en pièce par leurs adversaires. Puisque l’armée d’Israël incarne l’armée divine dans le monde, elle ne peut en effet triompher que lorsque le peuple ressent dans son cœur une véritable connexion avec le divin, ce qui, en l’occurrence, faisait défaut.


C’est d’ailleurs pour cette raison que la paracha se clôt avec le troisième paragraphe de la prière du Chema sur les tsitsiyot (Bamidbar, 15 :39):

וְהָיָה לָכֶם לְצִיצִת וּרְאִיתֶם אֹתוֹ וּזְכַרְתֶּם אֶת כָּל־מִצְו‍ֹת יְ־הוָה וַעֲשִׂיתֶם אֹתָם וְלֹא־תָתוּרוּ אַחֲרֵי לְבַבְכֶם וְאַחֲרֵי עֵינֵיכֶם אֲשֶׁר־אַתֶּם זֹנִים אַחֲרֵיהֶם׃

« Ce sera pour vous un tsitsit, vous le verrez, et vous vous souviendrez de tous les commandements de l’Éternel, et vous les accomplirez ; et vous ne vous égarerez plus à la suite de vos cœurs et de vos yeux, après lesquels vous vous prostituez. »

Il fait ici écho explicite au verbe utilisé dans l’épisode des explorateurs (Bamidbar 13:2):

וְיָתוּרוּ אֶת אֶרֶץ כְּנַעַן – « qu’ils explorent la terre de Canaan… »


Dans la récitation quotidienne du Chéma, ce verset devient un rappel fondamental de ne pas s’égarer en suivant les impulsions du cœur (désirs, préjugés) ni celles des yeux (tentations visuelles). Car c’est exactement ce qu’ont mal fait les explorateurs : ils ont exploré (לטור) avec leurs yeux, mais sans confiance en Dieu, selon leur propre interprétation émotionnelle et subjective, en finissant par se considérer eux-mêmes comme des « sauterelles ». Le tsitsit constitue une ancre visuelle spirituelle, qui recentre la conscience sur le divin. C’est sans doute ce qui explique l’attachement instinctif de nombreux soldats d’Israël, qu’ils soient pratiquants ou non, à ce vêtement porteur de sens[1]. Les tsitsiyot leur offrent plus qu’un symbole : ils leur permettent de ne plus se percevoir comme des "sauterelles", faibles et insignifiantes, mais comme des "lions", incarnations de force, de majesté et de souveraineté.


Comme l’explique le Rav Kook, le mot guerre en hébreu (mil’hama-מלחמה) partage presque exactement les mêmes lettres que le mot guérison (ha’hlamah-החלמה). Les guerres d’Israël correspondent en effet à un réveil spirituel du peuple, qui retrouve par la voie des armes le sens de sa mission et son unité. Les guerres et opérations menées par Israël constituent également des moments de dévoilement saisissant pour les Nations, car nos victoires, souvent perçues comme « miraculeuses », deviennent à chaque fois le canal privilégié par lequel la Providence divine se révèle au sein de l’histoire, de la guerre d’Indépendance à la guerre des Six Jours, en passant par Yom Kippour, Entebbe, l’opération des « beepers » ou encore AmKeLavi


Les guerres contre Amalek revêtent un caractère encore plus singulier, car Amalek incarne, à chaque génération, les forces qui s’opposent au dévoilement des valeurs divines dans la Création. Sa guematria (עמלק = 240) correspond à celle de safek (ספק – doute) et de El A’her (אל אחר – « autre Dieu »), révélant ainsi sa nature profonde : introduire la confusion, la séparation et l’illusion dans le monde. C’est précisément pour cette raison qu’Amalek concentre sa haine sur le peuple d’Israël, dont la mission est justement d’être le vecteur de la lumière divine dans l’histoire. Chaque confrontation renouvelée avec Amalek ravive en nous la conscience de notre vocation collective : réparer le monde (tikoun olam) en dissipant les klipot (écorces) qui voilent la Présence divine au sein de la Création.


Cette guerre particulière, qui s’est engagée depuis 7 jours entre Israël et le cerveau de la nouvelle haine génocidaire antisémite, a un parfum de lutte finale contre Amalek qui rappelle étrangement la prophétie du Midrash Yalkout Shimoni (il y a plus de 700 ans !) sur la délivrance[2] :

Rabbi Yitz'hak a dit : L’année où le roi Machia’h se révélera, tous les rois des nations du monde s’attaqueront les uns les autres. Le roi de Perse [Iran] provoquera le roi d’Arabie [Saoudite], et le roi d’Arabie se rendra en Aram [Occident selon plusieurs commentateurs, donc Etats-Unis qui en sont le principal représentant aujourd’hui] pour demander conseil. Puis le roi de Perse reviendra et sèmera le chaos dans le monde entier, et toutes les nations du monde trembleront, seront saisies de confusion, tomberont sur leur visage, et seront prises de douleurs comme une femme en train d’accoucher.

Israël lui aussi sera saisi de crainte et de confusion, et dira : « Où pouvons-nous aller ? Où fuir ? » Et Dieu leur dira : « Mes enfants, n’ayez pas peur. Tout ce que J’ai fait, Je ne l’ai fait que pour vous. Pourquoi avez-vous peur ? N’ayez crainte, le temps de votre délivrance est arrivé. »

Et cette rédemption ne sera pas comme la première, car la première fut suivie de douleur et de domination étrangère. Mais la rédemption finale ne sera suivie ni de souffrance, ni de domination des nations.


Que les enfants d’Israël ne se perçoivent plus jamais comme de simples sauterelles face aux géants, mais marchent toujours avec la force et la dignité des lions, animés par leur lien profond avec la Source divine ! Et qu’ensemble, nous accélérions la venue d’une délivrance rapide et douce pour le monde entier !


Amen ve Amen !


 
 
 

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