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Paracha Bechala'h : Make Gaza Great Again

  • steveohana5
  • 7 févr. 2025
  • 7 min de lecture

Dernière mise à jour : 7 févr. 2025

 

La paracha Bechala’h contient une surprenante référence au territoire de Gaza, un morceau de terre qui cristallise aujourd’hui toute l’attention des Nations. A travers l’enseignement du rav Isaac Luria sur la brisure des vases, nous allons tenter d’expliquer le rôle de ce territoire, et particulièrement de la ville de Rafa’h, dans le guerre métaphysique qui est en cours.

 


Mosaïque byzantine représentant le roi David sous les traits d'Orphée dans l'ancienne synagogue de Gaza
Mosaïque byzantine représentant le roi David sous les traits d'Orphée dans l'ancienne synagogue de Gaza


Les premiers versets de la paracha Bechala’h apparaissent de prime abord un peu énigmatiques et anecdotiques par rapport à l’action principale de cette sidra, l’ouverture de la Mer des Joncs :

וַיְהִי, בְּשַׁלַּח פַּרְעֹה אֶת-הָעָם

Et il arriva lorsque Pharaon renvoya le peuple

וְלֹא-נָחָם אֱלֹהִים דֶּרֶךְ אֶרֶץ פְּלִשְׁתִּים

Elohim ne les a pas conduits par le chemin de la terre des Philistins.

  כִּי קָרוֹב הוּא

car il était proche

כִּי אָמַר אֱלֹהִים

car Dieu s’était dit

פֶּן-יִנָּחֵם הָעָם

de peur que le peuple ne regrette

בִּרְאֹתָם מִלְחָמָה

en voyant (l’éventualité de) la guerre

וְשָׁבוּ מִצְרָיְמָה

et ne retourne en direction de l’Egypte.

 

Le rav Léon Askénazi commente ainsi ce passage[1] :

« Il s’agit à peu près du territoire actuel de Gaza qui s’appelait Erets Pelishtim : c’était le comptoir de Pelashet peuplade venant de Crête qui avait des comptoirs sur la terre de Kenaan : Aza, Ashdod, Ashkelon d’aujourd’hui...etc. Effectivement, quittant l’Egypte par le chemin de côte, il aurait suffi de 11 jours de marche pour arriver dans la région de Jérusalem. Mais Dieu ne les a pas conduits par ce chemin d’Erets Pelishtim... »


Quel enseignement nous révèle cette « anecdote » sur le contournement par les Hébreux d’Eretz Pelishtim ?

Comme nous allons le voir, derrière une écorce d’impureté extrêmement puissante (klipa), Gaza renferme une sainteté extraordinaire, qui est destinée à être délivrée à la fin des temps…


La sainteté de Gaza nous apparaît en particulier derrière la ville de Rafa’h-רפח, principal lieu stratégique du conflit qui nous oppose au Hamas depuis le 7 octobre 2023.


Le deuxième verset de la paracha Berechit contient en effet un grand secret kabbalistique :

וְהָאָרֶץ הָיְתָה תֹהוּ וָבֹהוּ וְחֹשֶׁךְ עַל פְּנֵי תְהוֹם וְרוּחַ אֱלֹהִים מְרַחֶפֶת עַל פְּנֵי הַמָּיִם.

Or la terre n’était que solitude et chaos ; des ténèbres couvraient la face de l’abîme, et le souffle de Dieu planait à la surface des eaux.


Le rav Isaac Luria (surnommé « le Arizal »), grand maître de la kabbale du 16eme siècle, dont les enseignements ont été transmis à travers son disciple le rav ‘Haim Vital, auteur du livre Etz ‘Hayim, explique que le mot מְרַחֶפֶת (« planait »), présent dans le second verset de la Torah, est une référence à l’événement de la « brisure des vases » שבירת הכלים (shvirat hakelim) qui se produisit au tout début de la Création[2].


Le maître explique que le souffle planant à la surface de l'eau n'est autre que le résidu des mondes brisés et en état de mort avant leur retour à la vie. C'est en ce sens que le mot en gras se compose des mots « רפח - Rafa'h » correspondant de par sa valeur numérique aux 288 étincelles tombées dans notre monde suite à la « מת - mort » des mondes supérieurs[3].


Cette brisure des vases primordiale oriente le but de toute la Création : il s’agit pour l’Humanité (et en particulier le peuple d’Israël qui représente la sainteté au sein des Nations) de faire le tikoun (réparation) de cette brisure, en délivrant les étincelles de sainteté retenues en exil dans les mondes inférieurs de la Création, et en permettant la réunification des mondes qui se sont séparés à l’issue de la brisure des vases.


Il n’est pas fortuit que le territoire de Gaza apparaisse en filigrane dans les deux parachiot. Celles-ci nous racontent en effet deux naissances parallèles : d’une part, celle du monde et de sa brisure, et, d’autre part, celle du peuple dont la mission est de la réparer[4]. Ainsi, dans le verset de Berechit cité plus haut, le souffle de Dieu qui plane à la surface des eaux, alors que règnent les ténèbres sur la Création, fait écho au verset 14 :21 de notre paracha, qui précède immédiatement l’ouverture de la Mer :

« Moshé étendit sa main sur la mer, Hachem fit aller la mer par un puissant vent d’orient, toute la nuit »


La tempête que connaît Israël depuis quelques jours, avec ses rafales de vent violents, ses pluies interrompues et son ciel noir, nous rappelle que la Torah n'est pas seulement là pour nous raconter notre histoire passée, mais avant tout pour éclairer notre présent… Ainsi, la guerre contre Amalek, qui commence à la fin de notre paracha, est achevée aujourd'hui par les forces de Tsahal, tandis que la focalisation actuelle de Donald Trump et des Nations sur le territoire de Gaza reflète une guerre d’ordre métaphysique : la libération prochaine des étincelles de sainteté qui y sont emprisonnées déclenche en retour le déchaînement des forces négatives pour s’opposer au puissant dévoilement qui est en gestation[5]


Au temps de Moshé, les Hébreux, qui sortaient de 210 années d’esclavage et n’étaient pas encore constitués en peuple, n’avaient pas la préparation nécessaire pour se livrer à cette tâche. Au lieu de cela, ils ont assisté à un autre dévoilement « pré-messianique » lors de l’ouverture de la Mer des Joncs[6] où, comme l’explique le rav Chriqui dans son commentaire, D.ieu leur a permis de voir toute l'histoire de l'humanité, depuis les exils successifs jusqu'à la rédemption finale. A cette occasion, les dernières forces négatives ont succombé dans la mer, Pharaon lui-même reconnaissant que D.ieu est le Maître du monde… Mais une chose essentielle manquait pour que puisse advenir la rédemption finale : le libre-arbitre des bnei yisrael. En effet, lors de la sortie d'Egypte, le peuple hébreu a subi le dévoilement divin plutôt qu’il ne l’a réalisé de son plein gré[7].


Le Ramhal, dans Daat Tvounot, a prophétisé qu’avant l'arrivée du Machia’h, il y aura à nouveau une recrudescence des forces négatives pour permettre au bien de mieux faire éclater a contrario sa lumière. Cette prophétie se réalise parfaitement aujourd’hui. Mais cette fois, le dévoilement du Bien qui se cache derrière le « Mal » se produit par l’action déterminée des bnei yisrael, et en particulier par l’héroïsme et l’abnégation de nos soldats.


Puissions-nous par leur mérite connaître la fin de nos souffrances, la guérison de tous nos malades et la délivrance immédiate !





[2] La Création du monde a en effet suivi trois étapes fondamentales,

·        La lumière infinie de D.ieu remplissant tout l’univers (le Ein Sof)

·     La rétraction de la lumière divine (le tsimtsoum) pour permettre la présence d’autre chose que Lui, c’est-à-dire les différents mondes et les êtres créés. Parallèlement à cette rétraction, s’opère le « retour » de la lumière divine sous la forme d’un rayon de lumière inondant l’espace qui était « vide »: c'est le "kav".

·        Le monde commence à s’organiser en lumières et réceptacles ; mais ces réceptacles ne peuvent, ou plus exactement ne veulent pas supporter tant de lumière et il se produit alors une brisure de ces réceptacles. Se créent alors des mondes et des structures « inférieures » (par rapport aux premiers mondes créés) dont le rôle sera de « réparer » cette brisure.


Le Arizal révèle que c'est en vue de mettre en place un champ d'action pour l'homme que le Maître du monde a créé ce monde « brisé ». L'objectif initial de l'apparition de l'homme consiste à conduire ce monde dans sa version aboutie. Les débris du monde doivent donc se réassembler pour atteindre l'objectif. Pour parler d'une reconstitution, il faut s'assurer de maintenir dans ces débris un résidu minimal de vie sans lequel le reste de ces mondes ne pourra revenir à la vie. Le même procédé est appliqué pour l'homme à sa mort qui maintient dans son corps un reste d'âme permettant la résurrection à la fin des temps. Le Arizal parle de 288 étincelles de sainteté chargées de maintenir l'existence minimaliste de ces mondes. Ces étincelles sont des parcelles de lumières résiduelles issues de la brisure des mondes dont nous parlons et correspondent à l'élan initial de la vie.


[3] Voir cette explication sur la brisure des vases https://www.yamcheltorah.fr/medias/files/yitro-5784.pdf


[4] Il existe de nombreux autres parallèles entre le récit de la Création du monde et celui de l’ouverture de la Mer des Joncs.

Le Rav Gefen explique dans son article consacré aux analogies entre les deux événements que «  la sortie d’Égypte est similaire à la naissance du peuple juif et la traversée de la Mer au moment où le fœtus sort du corps de sa mère pour commencer à vivre. La naissance du peuple juif n’est pas seulement l’apparition d’une nouvelle nation dans le monde, mais c’est la genèse du peuple pour qui le monde entier fut créé. C’est d’ailleurs ce que commente Rachi sur le premier mot de la Torah – « Béréchit : pour d’Israël qui est appelé Réchit, le premier ». Cela signifie que la Création avait pour but ultime que le peuple juif serve de représentants d’Hachem dans ce monde »


[5] Le dernier verset de notre paracha fait référence au fait que le dévoilement de la lumière divine dans la Création ne pourra se réaliser pleinement que quand Amalek aura été complètement anéanti, ce qui aura lieu B'H très bientôt (voir commentaire de Rachi sur Chemot 17 :16)


[6] yam souf - ים סוף fait doublement référence au dévoilement messianique, à travers le chiffre 50 (chiffre du dépassement de la Nature et de la sainteté) qui est la guematria du mot ים, et le mot סוף, qui peut se prononcer également sof (fin), comme « fin » des temps…


[7] Il faut noter cependant que l’ouverture de la Mer des Joncs n’advient que quand une poignée d’hébreux, emmenée par un membre de la tribu de Yehuda, Nachshon Ben Aminadav, se jette dans la mer avec une confiance totale en la Protection Divine…

 
 
 

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