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Les dix jours qui contiennent l’année

steveohana5
13 sept.
2 min de lecture


Le Gaon de Vilna, dans Aderet Eliyahou (Berechit 1:14), donne une lecture étonnante des dix jours entre Roch Hachana et Yom Kippour.


L’année solaire dépasse l’année lunaire d’environ dix jours. Or Israël compte selon la lune, tandis que le monde vit selon le rythme du soleil. Le Gaon voit dans les עשרת ימי תשובה, les dix jours de Techouva, une sorte de temps de jonction entre ces deux mesures du temps. Au niveau cosmique, c’est un moment où les cycles se rejoignent. La lune et le soleil, Israël et les nations, l’année achevée et l’année qui commence, semblent pendant quelques jours se tenir dans le même espace.


Ce sont des jours qui appartiennent à l’année nouvelle, puisque Roch Hachana est déjà passé, mais qui gardent encore quelque chose de l’année précédente. Comme si, pendant dix jours, le temps de l'année écoulée ne s’était pas encore complètement refermé.


Et le Gaon en tire une conséquence très forte :

ולכן המעשים הנאותים הנפעלים בימים אלו חשובים ככל השנה
« C’est pourquoi les actes justes accomplis pendant ces jours sont considérés comme ceux de toute l’année. »

Autrement dit, ces dix jours ne sont pas seulement un temps pour réparer le passé.

Ils contiennent en miniature l'image de l’année qui vient.


Au niveau individuel, cela détermine l'intention -la kavana- avec laquelle nous entrons dans ces jours. La question fondamentale qui doit nous animer est la suivante : comment ai-je envie de vivre l’année qui vient ?


Si je veux être plus patient, c’est maintenant que je m’exerce à la patience.

Si je veux contenir ma colère, c’est maintenant que je surveille mes paroles.

Si je veux prier avec davantage de présence, c’est maintenant que je prie ainsi.

Si je veux juger moins vite, donner davantage, écouter mieux, être plus courageux, plus fidèle, plus vrai, c’est maintenant que je commence.


Pendant dix jours, je vis comme si chaque geste était un prototype de l’année entière.


Et cela vaut aussi collectivement.

Nous entrons dans une année où Israël, les États-Unis, puis la France vont traverser de grands moments de choix politique. On peut avoir le sentiment que nous sommes à l'interface entre deux mondes : l’ancien n’est pas complètement disparu, le nouveau n’a pas encore pris forme.

Les dix jours de Techouva deviennent alors un sas dans lequel chaque individu comme chaque nation façonnent leur avenir.


Et puisque, selon le Gaon, ce que nous faisons alors vaut pour toute l’année, notre responsabilité est simple :

vivre pendant ces dix jours comme nous voudrions vivre pendant les douze prochains mois.

Non pas souhaiter une année meilleure.

Commencer à la fabriquer.

 
 
 

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