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Ki Tissa – Para – Ezekiel : L’eau, signe et réparation du Lien éternel

  • steveohana5
  • il y a 5 jours
  • 5 min de lecture

Ce Chabbat, l’eau est l’idée maîtresse : elle nous rappelle en même temps qu’elle répare notre lien indéfectible avec notre Libérateur. Dans Ki Tissa, après la faute du Veau d’or, l’alliance n’est pas brisée : Moché brûle le veau, le réduit en poudre, en répand la poussière sur l’eau, puis fait boire le peuple pour le purifier. Dans Parah, l’eau lustrale lave la souillure du contact avec la mort. Et dans la haftara tirée de Ézéchiel, Dieu promet : “Je répandrai sur vous une eau pure”, purification de l’idolâtrie, de la mort et de l’exil, jusqu’au retour sur la terre. L’actualité, elle, dit l’inverse par contraste : ceux qui s’acharnent contre la vie voient leur monde menacé d’assèchement. La Torah nous apprend alors à voir l’eau comme un signe et une réparation: non seulement une ressource, mais une bénédiction, un rappel que la vie coule là où demeure l’attachement au Dieu qui libère.

 

Résumé de Ki Tissa/Para/Ezekiel

Ki Tissa : Israël fabrique le veau d’or pendant l’absence de Moché. Dieu annonce à Moché qu’Il pourrait détruire le peuple et recommencer avec lui. Moché intercède en rappelant l’honneur divin et l’alliance avec les patriarches, et le décret est suspendu. Moché brise les tables, détruit le veau et l’épisode se conclut par une réparation partielle et de nouvelles tables.

Parah (Nb 19:1–22) : la Torah ordonne le rite de la vache rousse. La vache est brûlée, ses cendres sont conservées et mélangées à de l’eau vive. Cette eau est aspergée sur celui qui a été au contact d’un mort pour le purifier. 

Haftara (Ez 36:16–38) : Israël a profané le Nom divin par ses actes et a été dispersé en exil. Dieu promet de sanctifier Son Nom en rassemblant Israël sur sa terre. Il annonce : “Je répandrai sur vous une eau pure” et “Je vous donnerai un cœur nouveau et un esprit nouveau.”


Moshé et le bâton, par Darius Gilmont
Moshé et le bâton, par Darius Gilmont

 

 

Ce chabbat, nous faisons trois lectures, qui semblent à première vue sans lien :

-          La paracha Ki Tissa est celle où Israël se compromet avec la faute du veau d’or mais reçoit malgré tout, par l’intercession de Moshé, le pardon divin.

-          La paracha Parah (Bamidbar, 19, 1 : 22) est la troisième paracha spéciale lue pour se préparer à la fête de Pessa’h (après Chekalim et Zachor et avant ‘Hodesh) : elle évoque la façon dont une personne qui a été au contact d’un mort peut se purifier par aspersion avec des eaux lustrales notamment composées des cendres d’une vache rousse.

-          La haftara d’Ezekiel (36, 16-38) évoque une vision prophétique de la fin des temps, où Hachem sanctifiera à nouveau son Nom en faisant revenir le peuple juif en exil sur sa terre.

 

Ces trois lectures nous parlent en réalité d’un même sujet : la purification par l’eau:

-          Rav Fohrman explique que la crise du Veau d’or rejoue le scénario de Noa’h : un peuple “corrompu” que Dieu pourrait détruire et recommencer avec un seul homme. Mais, après la purification de l’humanité par les eaux du Déluge, Dieu décide de ne plus jamais anéantir l’humanité malgré sa faiblesse : il décide que le monde ne sera plus désormais gouverné par la justice stricte (דין-din) mais par la miséricorde (חסד-‘hessed). La purification par l’eau intervient ici à nouveau, mais cette fois-ci sans Déluge : Moché brûle le veau, le réduit en poudre, en répand la poussière sur l’eau, puis fait boire le peuple.

-          En ce qui concerne la paracha Parah, les Sages expliquent que le sacrifice de la vache rousse procédait à l’expiation de la faute du Veau d’or commise par la nation d’Israël. Ils montrent que chaque détail du rite de la Parah Adoumah (vache rousse) suit, en miroir, les détails de l’épisode fautif du Veau d’or (Rachi, Commentaire sur la Torah, Bamidbar 19:2) : la vache rousse est elle aussi brûlée et réduite en cendres ; puis ces cendres sont mises dans l’eau (מי נדה) afin d’être utilisées pour l’aspersion et la purification. Comme l’explique le rav David Siegel, le contact avec un mort et la faute du Veau d’or produisent, chacun à leur manière, une même forme de souillure : dans les deux cas, on se trouve face à un objet “coupé” de l’influx divin, et donc de la source de vie.

-          Quant à la prophétie d’Ezekiel, elle évoque la même notion de purification après le retour d’exil : « Je répandrai sur vous une eau pure, et vous serez purifiés ; je vous purifierai de toutes vos souillures et de toutes vos idoles. »


Or, le thème de l’eau a fait irruption dans notre actualité mouvementée.

On sait que l’Iran fait face, depuis une dizaine d’années, à une grave pénurie hydrique. On se souvient d’ailleurs de cette vidéo de 2018, où Benyamin Netanyahou s’adresse directement au peuple iranien et affirme qu’Israël est prêt à partager son savoir-faire en matière d’eau potable pour faire face à la crise hydrique en Iran. La situation est devenue aujourd’hui particulièrement critique, au point au point que des responsables iraniens ont évoqué la possibilité d’une évacuation de Téhéran si la crise hydrique s’aggravait.


Mais, depuis le début du conflit iranien, l’inquiétude s’étend désormais à l’ensemble des voisins sunnites de l’Iran, dont l’ approvisionnement en eau potable est devenu crucialement dépendant du dessalement de l’eau de mer. Un câble diplomatique américain divulgué, daté de 2008 et envoyé depuis Riyad, indiquait que l’usine de dessalement de Jubail fournissait plus de 90 % de l’eau potable de Riyad, et avertissait que la capitale « devrait être évacuée en une semaine » si l’usine, ses pipelines ou les infrastructures électriques associées étaient gravement endommagés ou détruits. Or, tandis que les eaux du Golfe Persique sont menacées par les attaques visant les tankers, les infrastructures de dessalement deviennent à présent les cibles de drones iraniens, comme, par exemple, le complexe de dessalement géant de Fujairah aux EAU. Ces pays, qui ont su attirer les talents et les capitaux du monde entier et fait jaillir des gratte-ciels du désert, reçoivent aujourd’hui une leçon d’humilité : l’eau, image du flux de bénédiction et de vie, est conditionnée par la destruction en eux-mêmes d’Amalek et la reconnaissance d’Israël.


Le thème de l’eau traverse la Torah comme un fil conducteur : depuis la Création et le Déluge, en passant par les puits de Yitz’hak, la plaie du sang, la traversée de la Mer des Joncs, puis les épreuves du désert. À chaque étape, elle nous rappelle à la fois sa dimension de miracle vital et le lien avec le Ciel qu’elle symbolise. On se souvient notamment de l’épisode des eaux de Marah dans la paracha Bechala’h “Ils arrivèrent à Marah, et ne purent boire les eaux de Marah, car elles étaient marim (amères)” (Chemot, 15:23). L’eau est imbuvable, mais Dieu “l’adoucit” en indiquant un « bois » à jeter dans l’eau. Ce « bois », qui préfigure la technologie du dessalement dont Israël est passé maître, atteint aujourd’hui une nouvelle apogée : Israël vient en effet de lancer un projet pour pomper de l’eau dessalée dans le lac de Tibériade (Kinneret) via le système “Reverse Carrier”, une prouesse technologique sans précédent dans l’histoire de l’humanité.


Ce chabbat nous invite à ne pas considérer seulement cet « adoucissement » des eaux amères comme le fruit de notre propre talent, mais comme la manifestation de notre lien indéfectible avec notre Créateur et Libérateur, un lien capable de purifier toutes les souillures de l’idolâtrie, de la mort et de l’exil.


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