En attendant Chabbat... Paracha Tazria : les semences de la Délivrance
- steveohana5
- 12 avr. 2024
- 3 min de lecture
Cette année, la fête de Pessah, célébrant la fin de notre exil d’Egypte et préfigurant notre Délivrance finale, est précédée par un événement cosmique et une série de parachiot particulièrement chargés de sens…
Le 1er Nissan s’est accompagné cette année d’un événement exceptionnel sur le plan cosmique : le 8 avril, dernier jour du mois d’Adar, une éclipse solaire totale a en effet plongé dans l’obscurité une partie du continent représentant le centre des Nations, l’Amérique du Nord.
Si le mois de Tichri marque la création du monde, le mois de Nissan, quant à lui, marque le véritable début de l’Histoire de l’Alliance du D.ieu de la Providence YHVH avec le peuple d’Israël, la nation qu’il a choisie pour accompagner le dévoilement de sa Volonté dans le monde. Ainsi, tandis que Tichri représente le temps des Nations, mesuré par le calendrier solaire, le mois de Nissan se rapporte au temps du peuple d’Israël, étalonné sur la Lune.
Cette correspondance entre Nissan et la Lune est établie de manière claire par les événements qui se sont déroulé le premier jour de Nissan de l’an 2448 depuis la création (1313 avant l’ère commune), deux semaines avant la sortie d’Egypte (que nous célébrerons le 15 Nissan) : D.ieu montra alors à Moshe la nouvelle lune croissante, l’instruisant au sujet de l’établissement du calendrier juif et de la mitsva de sanctifier le nouveau mois. « Ce mois sera pour vous la tête des mois, le premier des mois de l’année » (Exode 12, 2). Cela introduisit le premier mois juif et commença le calendrier lunaire que les Juifs suivent depuis lors. Ce fut d’ailleurs la toute première mitsva donnée à la nation d’Israël nouvellement née, avant même la sortie d’Égypte.
C’est ainsi que, depuis lors, les Nations sont représentées par le soleil tandis qu’Israël est représenté par la Lune. Une éclipse totale du soleil se produit quand la Lune se place exactement devant le soleil et occulte alors totalement son image depuis la Terre (voir les images de ce spectacle exceptionnel ici). Un tel événement cosmique se produisant le jour précédant la naissance du peuple d’Israël apparaît donc comme chargé d’un symbole particulièrement puissant…
Mais la puissance du moment que nous vivons est également dévoilée par la nature des parachiot dont la lecture précède cette année le Seder de Pessah.
La paracha Chemini, lue la semaine dernière, fait référence à deux dévoilements simultanément :
- Celui du 1er Nissan 2449, où fut célébrée la première inauguration du Mishkan (lieu de rencontre entre le Créateur et l’Homme), un an exactement après la sortie d’Egypte, après sept jours de préparation (« milouim ») d’Aaron et ses fils…
- Celui du « huitième jour » de la création, qui désigne l’ère messianique. En effet, à l’issue de chacun des six premiers jours de la création du monde dans la paracha Berechit on peut lire « il fut soir, il fut matin – premier/deuxième/…/sixième jour ». Mais, à partir du septième jour, cette mention n’apparaît plus, ce qui indique que nous nous trouvons toujours dans le septième jour de la création, le « shabbat de D.ieu » où le Créateur s’est (en apparence) retiré pour permettre à l’Homme de compléter sa création. Après ce septième jour, viendra donc le huitième jour, celui du dévoilement de la royauté divine dans le monde. Le chiffre huit vient d’ailleurs toujours marquer le dévoilement du divin dans l’ordre de la nature, représenté quant à lui par le chiffre sept (sept jours de la semaine, sept couleurs de l’arc en ciel, sept notes de musique…).
La paracha de cette semaine, Tazria, est nommée en référence à l’ensemencement (tazria vient de zerah, qui veut dire « semence ») d’un enfant mâle et aux règles de pureté qui l’accompagnent : sept jours d’impureté de la mère juste après la naissance de l’enfant suivis par la brit milah du nourrisson, à nouveau le huitième jour…
Quant à la paracha Metsora (traduit improprement par « lépreux »), que nous lirons la semaine prochaine, juste avant le seder de Pessah, elle fait référence à l’un des noms donnés au Machiah. En effet, comme l’explique le Rabbi Loubavitch :
« A l’arrivée du Machiah, le monde sera encore marqué par l’injustice et la violence. Aussi la lumière de la Délivrance ne pourra-t-elle encore être manifeste ; cela se reflètera dans les taches de « lèpre » qui apparaitront sur Machiah lui-même. Car, comme le dit le Prophète Isaïe (53, 4) : « Il a souffert nos maladies et enduré nos souffrances... atteint de lèpre, frappé par D.ieu et affligé. »
La souffrance de Machiah apportera un raffinement final à l’Humanité, lui permettant de se transformer en réceptacle adéquat pour la révélation de la lumière divine.
[Les années non embolismiques] la paracha Metsora est lue conjointement à la paracha Tazria. Ceci enseigne que les semences de notre service divin n’attendront pas sans fin dans le sombre terrain de l’exil, mais que le Metsora, la Délivrance, fleurira immédiatement après que les dernières semences auront été semées. »
Puissions-nous donc voir rapidement la Délivrance tant attendue !



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