top of page
Rechercher

Chabbat Chouva — Quand Dieu se souvient pour nous

  • steveohana5
  • 25 sept. 2025
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 26 sept. 2025

Quand nos mémoires s’égarent, Lui garde vivant l’élan du désert et l’amour des commencements. Parfois, nous nous ouvrons à ce souvenir grâce au concours d’un frère hébreu, qui nous tend le miroir de la lumière que nous recherchons. S’ouvrir à ce souvenir, c’est renaître : redevenir un peuple qui donne, qui élève, qui aime.



« Je me souviens pour toi de l’amour de ta jeunesse, de l’affection de tes fiançailles, quand tu me suivais dans le désert, dans une terre non ensemencée » (Jérémie 2,2).


Manitou nous chuchote : parfois, nous n’avons plus la force de nous souvenir. La faute, ses justifications, nos prétextes et nos refoulements brouillent tout. La conscience est saturée de faux récits. Alors, comment retrouver la pureté première, l’élan intact, l’amour du commencement ?


La réponse du prophète est inattendue : Dieu se souvient pour nous, c’est-à-dire à notre place. Là où notre mémoire faillit, la sienne veille. Là où nous sommes perdus dans nos détours, Lui garde vivante la flamme de l’alliance. La téchouva, ce n’est pas créer de toutes pièces un nouveau moi ; c’est se laisser rejoindre par ce souvenir divin qui n’a jamais été effacé.


Et voilà que ce rappel prend aujourd’hui le visage d’un homme : Nathan. Un ben adam dont le nom dit le don : natan-נתן, « il a donné ». Un nom qui se lit dans les deux sens, comme un souffle qui va et qui revient. Comme le don lui-même : un cycle sans début ni fin, un flux qui circule, se reçoit et se redonne. 


Nathan, ce collègue rencontré il y a à peine trois semaines, que je reconnais déjà comme un frère spirituel. Il donne bien au-delà du cadre du travail : par la chaleur de sa présence, par la générosité de ses récits. Il parle de ses grands-parents olim — marocains, yéménites, iraniens — mosaïque d’exils cousus dans une seule langue, celle de l’espérance. Il évoque l’armée : le sable qui brûle les yeux, les nuits de veille, la fraternité, le goût âpre du service partagé. Et puis il raconte son chemin spirituel : de la ferveur des Breslev aux rivages du doute, et désormais la quête d’un nouveau sentier de vérité.


Nathan porte sur la peau des tatouages, au nez un piercing : et tout son être raconte ce pays de contraires : des hassidim qui doutent, des sages ivres de vie, qui méditent à l’aube puis se baladent l’arme en bandoulière, innovent du matin au soir et mordent la journée à pleines dents. Son visage est un midrash : rien n’est lisse, tout est vrai.


Il m’a confié qu’il y a quelques années, une substance l’avait placé face à face avec lui-même, avec sa conscience dépouillée de tout prétexte, instant de vérité brutale où les excuses se sont tues et où l’âme, nue, a entrevu le chemin du retour vers soi. Alors une question surgit, vertigineuse : faudrait-il administrer cette même substance à grande échelle pour réveiller une civilisation assoupie ?


La Torah connaît des chemins naturels et saints vers la même vérité : un vidouï (confession) intime, une parole à Dieu dite à voix haute dans la solitude (hitbodedout), un nigoun (mélodie) qui délie, un acte de tsedaka qui guérit la misère en nous guérissant de notre indifférence, un acte d’ahavat ‘hinam qui soigne la haine gratuite.


Chabbat Chouva, c’est cela : ne pas forcer la mémoire, s’ouvrir simplement au souvenir que Dieu garde de nous. Et dans ce miroir divin, reconnaître notre jeunesse de peuple fiancé, notre courage, notre responsabilité.


Quand je regarde Nathan, j’aperçois ce souvenir à l’œuvre : des exils rassemblés dans une même voix, mémoire vivante des tribulations de notre peuple ; des contradictions qui se rejoignent et s’harmonisent dans une âme accordée au souffle collectif ; le doute lui-même transfiguré par un feu ancien qui renaît.


Alors le vacarme de mon mental s’apaise, l’armure de mon égo se fissure, et je comprends que le véritable réveil n’exige ni drogues ni secousses. Il suffit d’ouvrir l’oreille au souvenir divin — toujours là, toujours prêt à nous relever — qui parfois prend le visage inattendu d’un frère hébreu, rencontré au détour du chemin, sur la terre de nos ancêtres.


Que ce Chabbat Chouva nous ramène à la source, et qu’il nous apprenne, comme Nathan, à devenir mémoire vivante — celle d’un peuple qui donne, qui élève, qui aime.


Lire le dvar torah en hébreu - לקרוא בעיברית


 

 
 
 

Posts récents

Voir tout
Mon premier Pourim

Samedi matin, comme presque chaque chabbat, Nathalie et moi avons assisté à un cours du rav Benharrouche, à Amit (Ra'annana), en hébreu, consacré à la signification d’Amalek et à la fête de Pourim. Il

 
 
 

Commentaires


©2020 par Un autre regard. Créé avec Wix.com

bottom of page