Beshalach - La Emounah, le Bitahon et le Miracle
- steveohana5
- 30 janv.
- 34 min de lecture
Dernière mise à jour : 30 janv.
Document préparé à partir des transcriptions orales du dvar Torah sur Parashat Beshalach donné le 8 février 2025 chez la famille Amsellem, pour la hazkara du papa de Corinne Amsellem z"l.
Dédicace
Ce shiur est dédié à l'élévation de l'âme de Dan Wajdenbaum z"l. Il est également dédié à la Refoua Chéléma de deux personnes chères : Esther bat Simha, Odette Esther bat Gamara. Nous verrons que cette Paracha et ce Shabbat sont propices à la guérison, la refouah.

Introduction : Le miracle et la Emounah
Je vais axer ce cours sur le miracle et la Emounah, et plus exactement sur le Bitahon, qui a une petite nuance avec la Emounah. Nous verrons qu'en fait, cette Paracha Beshalach constitue une sorte de cours magistral de Emounah et de son contraire. Nous allons voir des illustrations du contraire de la Emounah, d'où vient la perte de Emounah, comment cela se passe, comment on fait pour la récupérer, comment cela se travaille, et pourquoi c'est essentiel – pourquoi c'est même la mission principale qui nous est demandée : la Emounah.
Programme du cours
D'abord, nous verrons comment la Emounah et la perte de Emounah se déclinent dans notre Paracha. Ensuite, je montrerai comment les avancées scientifiques des 100 dernières années vont toutes dans le sens de cette vision. En fait, nous sommes en train de démontrer que la science et notre Torah se rejoignent complètement, à 100%. Et à la fin, si j'ai le temps, j'espère pouvoir parler un peu de l'actualité géopolitique de Gaza, et de comment cela se cache aussi dans notre Paracha.
Partie I : Contexte et naissance du peuple d'Israël
La Paracha Beshalach dans le livre de Chemot
Notre Paracha Beshalach se situe dans le livre de Chemot. Il y a trois parachiot avant : Chemot, Vaéra et Bo. Nous nous sommes vus pour la Paracha Chemot lors du dernier cours. Le contexte est que nous assistons à la naissance du peuple d'Israël, et cette naissance est aussi importante que la création du monde. On pourrait même parler de seconde création du monde, ou même de véritable création du monde.
C'est pour cette raison que nous avons deux débuts d'année : un début d'année en Tichri qui correspond à la création du monde et de l'homme, et un début d'année en Nissan qui correspond justement à la sortie d'Égypte.
Pourquoi cette naissance est aussi importante que la création du monde
La création du monde jusqu'à la sortie d'Égypte constitue une sorte de préparation, une sorte de préhistoire où l'on voit que le monde s'est créé, qu'une distance s'est créée entre le monde tel que nous le connaissons – le monde que nous habitons, Nechamot incarnées dans des corps – et le monde des mondes supérieurs plus proches du divin. Il y a une distance qui s'est créée, et cela se voit dès la Paracha Bereshit.
Ensuite, dans tout le livre de Bereshit, on voit que jusqu'à l'apparition d'Abraham, les hommes ne se sont pas comportés selon le plan divin. Ils n'ont pas réussi à combler cette distance entre le monde que nous habitons et le projet divin initial. À partir d'Abraham, on voit que le projet divin est en marche et en place, mais tout se passe encore à des niveaux individuels – c'est la préhistoire du peuple juif.
Nous avons donc les trois Avot : Abraham, Isaac et Jacob. Nous avons décrit dans plusieurs cours comment cela s'est passé. Cela a été très compliqué, ce n'a pas été une lignée directe, il y a eu des branches qui se sont perdues. Et à la fin, nous arrivons à Jacob, et là nous avons réussi, avec les enfants de Jacob, à créer le peuple d'Israël. Et c'est à travers le peuple d'Israël que la réconciliation des mondes va pouvoir se réaliser. C'est pour cela que c'est très important et aussi important que la création du monde.
Car la création du monde, pourquoi faire ? Il y a un projet à accomplir. Si le projet ne s'accomplit pas, entre guillemets, cela ne sert à rien.
L'Égypte comme matrice
À partir du moment où le peuple hébreu sort d'Égypte, on peut considérer que l'Égypte est comme un ventre. Le bébé – d'ailleurs « bébé » en hébreu se dit oubar'né, qui a la même racine que « hébreu », ce n'est pas du tout un hasard. Et à partir des premières parachiot, c'est comme les contractions. Les premières parachiot – Chemot, Vaéra, Bo – ce sont les contractions de la maman. En fait, la maman, c'est l'Égypte, qui se trouve être le lieu où a été conçue la matrice de conception (nous parlerons de matrice tout à l'heure) du peuple hébreu. Et la Paracha Beshalach, c'est vraiment la naissance.
Nous sommes donc dans une Paracha essentielle. Il y a des parallèles énormes – plein, plein, plein – entre la Paracha Beshalach et la Paracha Bereshit, et c'est pour cette raison : parce que nous assistons à un moment qui est d'importance aussi grande que la création du monde.
Première épreuve de Emounah : Face à la mer
Le départ d'Égypte et la poursuite
Pharaon expulse le peuple hébreu – car Beshalach, c'est de cela qu'il s'agit : une expulsion. Au départ, il les laisse partir, entre guillemets. C'est ce que Moché et Aaron lui avaient demandé dans les parachiot précédentes, et enfin il accepte. Mais ensuite, ils se ravisent, et toujours par le même processus : Dieu a endurci le cœur de Pharaon. Donc il change d'avis et poursuit les Bné Israël qui sont en train de partir d'Égypte.
Les Bné Israël se retrouvent alors devant la mer – cela s'appelle Yam Souf (ce n'est pas la mer Rouge, il ne faut pas confondre, ce n'est pas pareil, c'est très important ; le mot Yam Souf est plein d'enseignements). Ils se retrouvent donc devant la mer, avec derrière eux l'armée égyptienne qui cavale pour les anéantir.
Le premier défi de Emounah
Là se pose le premier défi de Emounah aux Bné Israël. Comment se décrit ce conflit de Emounah ? En fait, ils sont devant une impasse. Pour un esprit rationnel, c'est foutu : devant il y a la mer (on se noie si on y va), derrière il y a les Égyptiens qui veulent nous anéantir. Donc c'est foutu.
Sans Emounah, on est foutus. C'est pour cela qu'il y a quatre réponses différentes, qui sont en fait quatre réponses inefficaces :
La première réponse : on va tous se suicider dans la mer
La deuxième réponse : on va lutter contre l'armée égyptienne (ce qui serait aussi inefficace dans ce contexte)
La troisième réponse : on va refaire la paix avec les Égyptiens, on va dire « c'est bon, on oublie tout, on repart esclaves chez vous et on efface l'ardoise »
La quatrième réponse : prier – mais en fait, ce n'est pas prier au sens où il faudrait le faire. Ce sont plutôt des cris de détresse : on est désespéré, fais quelque chose pour nous sauver, etc.
La première leçon de Emounah
Là, Dieu donne la première leçon de Emounah. Nous avons donc une première crise de Emounah, et Dieu donne la solution. Il dit : « Parle aux enfants d'Israël et qu'ils avancent. » Et ensuite : « Toi, lève ton bâton et tends ta main. »
Alors là, les Midrashim nous disent beaucoup de choses qui ne sont pas dans le texte et qui sont très, très, très importantes. En fait, ce qui s'est passé, c'est que les quatre alternatives décrites ne marchaient pas.
Nachshon Ben Aminadav
Et là, il y a un membre de la tribu de Yéhouda qui s'appelle – vous connaissez son nom ? – Nachshon Ben Aminadav. Le mot Aminadav est important, parce que Am signifie « peuple » et Nadav signifie « généreux ». En fait, c'est quelqu'un qui est capable de donner sa propre vie, de se donner pour le peuple. C'est cela la signification.
Et donc lui, il dit : « Mais il n'y a pas à crier, il n'y a pas à vouloir faire la guerre. Il a dit d'avancer, on avance. » Les autres le prenaient pour un fou, parce que rationnellement, c'est un fou. Mais en fait, lui n'a pas la vision rationnelle du monde, et c'est la base de la Emounah.
Nous verrons comment la science rejoint finalement cela de façon incroyable, parce que la science est censée représenter la rationalité. Nous allons nous apercevoir qu'en fait, la rationalité scientifique rejoint cette conception des choses.
Donc il dit : « Mais non, il a dit d'avancer, on avance. » Et il l'a fait avec une énorme certitude que tout allait bien se passer. Pas en criant « sauve-nous, on est désespérés », etc. Juste, il a avancé comme on lui a demandé.
Et au moment où l'eau est arrivée jusqu'à son nez – c'est-à-dire théoriquement là, c'est la noyade – eh bien là, la mer s'est ouverte. Il l'a fait avec une poignée d'autres personnes qui ont compris la portée, la signification du moment, et ce qui était attendu d'eux à ce moment-là.
Emounah n'est pas confiance ou foi
Voilà la première crise de Emounah, la première solution. On voit que la solution était de sacrifier, entre guillemets, son propre esprit rationnel pour avoir... Je n'aime même pas le mot « confiance », ce n'est pas assez grand. Car dans le mot « confiance », si vous regardez la racine latine, c'est encore la foi. Le mot « foi » est catastrophique, il faut le bannir.
Emounah ne peut pas être traduit par « foi », et Bitahon peut difficilement être traduit par « confiance », parce que dans confiance, il y a « foi » aussi. Donc dès qu'on est dans la foi, on n'a pas compris le principe. C'est bien au-delà de la foi et c'est bien au-delà de la confiance.
C'est une sorte de certitude.
En réalité, la Emounah telle qu'elle est conçue dans le judaïsme n'est pas quelque chose qu'on espère voir arriver. Ce n'est pas cela, la Emounah. C'est une certitude. C'est-à-dire que si j'ai le Bitahon que le Beth Hamikdach, le troisième Beth Hamikdach va, Bizrat Hachem, très bientôt être créé, j'en ai la certitude. Je ne suis pas en train de débattre, ou d'espérer, ou de prier « pourvu que ». Ce n'est pas cela. Ce n'est pas à ce degré-là.
La certitude crée la réalité
Et c'est que quand vous êtes dans le degré de la certitude – et nous allons voir que la science confirme – quelque chose va se réaliser. C'est très, très important aussi dans toutes les prières qu'on fait. Quand on souhaite la Refoua Chéléma de quelqu'un – et nous allons encore le voir au niveau scientifique, c'est confirmé – il ne faut pas prier pour que, pourvu que, etc.
C'est-à-dire qu'il faut aller au-delà de la prière telle qu'on la conçoit habituellement, et imaginer – même plus qu'imaginer – c'est-à-dire visualiser, visualiser la personne complètement guérie. Comme si c'était une certitude : vous la voyez déjà complètement guérie.
Comme Nachshon Ben Aminadav, quand il est entré dans la mer, il a déjà dû visualiser que la mer allait s'ouvrir et qu'il allait traverser cette mer à pied sec. On raconte que d'ailleurs Shimon Bar Yohaï était capable de faire ce genre de choses, de traverser des rivières à pied sec, etc.
[Quelqu'un dans l'assistance] : Jésus...
Oui, exactement. Je n'ai pas osé le dire, mais merci. Il était juif, hein. Il était juif, donc il a compris les principes.
Donc, quand vous visualisez la chose, que vous êtes convaincu, que vous êtes sûr qu'en fait elle va arriver, à ce moment-là vous avez le niveau – je ne veux pas dire « confiance » – le niveau de certitude nécessaire pour que la chose arrive.
L'épreuve continue
Voilà la première leçon. Et nous allons voir que cela va recommencer. Et ce qui est incroyable, c'est qu'ils viennent d'assister aux dix plaies d'Égypte. Ensuite, ils vont assister à la Keriat Yam Souf (c'est une déchirure ; le mot exact, c'est la déchirure de la mer Rouge). C'est donc un degré de miracle complètement fou.
Et en fait, leur Emounah ou leur Bitahon va encore être éprouvé, va défaillir, et ils vont encore devoir surmonter cette épreuve. Et après, il y aura un autre dévoilement complètement fou qui est dans les parachiot Yitro et Michpatim : il va y avoir la réception de la Torah. Et bien là, encore pendant et encore après, leur Emounah va défaillir dans le désert, etc.
Donc cela montre que ce n'est jamais fini. C'est-à-dire que même quand vous assistez à un miracle, en fait vous êtes encore soumis potentiellement à cette épreuve de Emounah. Cela ne s'arrête pas.
Le trajet dans la mer
Qu'est-ce qui se passe ensuite ? Donc ils avancent dans la mer, vous savez tout ce qui s'est passé. L'idée n'était pas du tout de traverser, puisqu'en fait ils font un arc de cercle et ne reviennent pas au point de départ, mais pas très loin du point de départ. Ils auraient très bien pu arriver à ce point sans traverser la mer. Donc ce n'est pas du tout l'idée qu'il fallait traverser quelque chose. C'est vraiment l'idée de l'épreuve de Emounah. C'est vraiment cela.
L'épreuve pour les Égyptiens
Et comment la surmonte-t-on ? C'est aussi une épreuve pour les Égyptiens. On dit que tous périrent. Selon les commentateurs, ils disent tous 100%, ou certains disent qu'un seul survit : Pharaon. Et qui, justement, au moment où il survit, certains commentateurs disent qu'il reconnaît la grandeur d'Hachem, qu'il prononce même la fameuse phrase : « Mi Kamokha Ba'Elim Hachem » (« Qui est comme Toi parmi les puissants, Éternel ? »).
Voilà, c'est aussi une épreuve pour les Égyptiens qui reconnaissent à cette occasion la grandeur du Dieu d'Israël, et comment Il est capable de changer les lois de la nature en fonction du projet qu'Il a décidé pour les hommes.
Car cela était une conception complètement antinomique avec celle de Pharaon, qui a un esprit justement très rationnel, où la nature obéit à des lois et chaque jour est semblable au suivant. Les planètes ont un mouvement immuable. On peut prier éventuellement les astres, etc. Mais il ne va pas y avoir d'intervention du divin dans l'histoire pour pouvoir accomplir un certain projet.
Eh bien là, Pharaon va avoir la démonstration que sa conception était fausse et que c'est celle d'Israël qui est bonne.
Deuxième épreuve de Emounah : Le Chant de la Mer et l'eau amère
Le Shirat HaYam
Maintenant, nous arrivons à la deuxième épreuve de Emounah. D'abord, il y a le fameux Chirat HaYam (Chant de la Mer). Nous le récitons dans la prière quotidienne, dans la Tefila. Et là, c'est vraiment extraordinaire, parce que ce sont justement des louanges et de la reconnaissance que Dieu est un Dieu qui intervient dans l'histoire, qui est capable justement d'intervenir même dans les guerres : « L'Éternel est un homme de guerre. »
À chaque fois que c'est « l'Éternel », c'est Youd-Hé-Vav-Hé, c'est la traduction en français qu'ils retiennent pour Youd-Hé-Vav-Hé. Nous en avons parlé le cours dernier : c'est tout le Dieu avec lequel nous sommes en interaction quand il s'agit de la morale. C'est-à-dire que c'est un Dieu de miséricorde, qui est capable de nous pardonner, qui est capable d'accepter notre repentir, d'accepter nos prières, à qui on peut s'adresser « Baroukh Ata Hachem ».
Et ce n'est pas l'Elokim, le créateur du monde, qu'on voit dans la Paracha Bereshit. C'est un tout autre visage, parce que Dieu se manifeste à nous par différents visages, différents vêtements. Et le Youd-Hé-Vav-Hé est vraiment celui qui se manifeste au moment de Moché et dans la sortie d'Égypte.
Tous les peuples tremblent
Donc là, on dit que c'est un homme de guerre, on parle de tout ce qui vient de se passer, on décrit les événements miraculeux qui viennent de se passer. On dit aussi quelque chose qui va être important pour la suite, parce qu'on dit que tous les peuples autour tremblent. Et cela, on le voit d'ailleurs aujourd'hui : dès qu'on bouge un petit doigt, cela fait trembler toute la terre. Et c'était déjà le cas à l'époque.
Donc des peuples l'apprennent et ils tremblent. Un frisson s'empare des habitants de Philistie (ce sont les ancêtres des Palestiniens, si on peut dire – c'est la même racine en tout cas). Alors s'effraient les princes d'Édom, les vaillants de Moab, et les habitants de Canaan. Voilà, toute l'humanité en gros est en train de réagir avec effroi à ces événements miraculeux.
Donc là, la Emounah est au maximum, parce que justement ils viennent d'assister au miracle, etc.
L'eau amère de Mara
Ensuite, les eaux se referment sur les Égyptiens, et là on voit un autre passage très important. On dit que Moché fait partir Israël de la plage des Joncs (Yam Souf), ils débouchèrent dans le désert de Chour, ils marchèrent trois jours sans trouver d'eau. Problème.
Ils arrivèrent à Mara, et ils ne purent boire l'eau de Mara car elle était trop amère. C'est pourquoi on appela son nom Mara (« Mara » signifie « amère »). Le peuple murmura contre Moché en disant : « Que boirons-nous ? »
Il implora le Seigneur. Le Seigneur lui indiqua un bois, il le jeta dans l'eau et l'eau s'adoucit. Là-bas, Il lui imposa un principe et une loi, là-bas Il le mit à l'épreuve, et Il dit : « Si tu écoutes bien la voix de l'Éternel ton Dieu, tu feras ce qui est droit à Ses yeux, tu prêteras l'oreille à Ses préceptes et garderas toutes Ses lois, et toutes les plaies dont J'ai frappé l'Égypte, Je ne les mettrai pas sur toi, car Je suis l'Éternel – à chaque fois « l'Éternel », c'est Youd-Hé-Vav-Hé – qui te guérit. »
Dieu le guérisseur
C'est important par rapport à ce que nous avons dit tout à l'heure sur pourquoi c'est une Paracha pour la guérison : c'est parce que là justement, un des visages à travers lesquels Dieu se révèle à nous est celui de guérisseur. Donc sous-entendu, les médecins vont être des vecteurs, vont être des canaux de guérison, mais derrière le médecin qui te guérit, derrière le médicament que tu prends, eh bien en fait, sache que celui qui te guérit vraiment, c'est Dieu.
Donc là, nous avons encore un message très important au niveau de la Emounah.
Troisième épreuve : La manne
La manne descend du ciel
Ensuite, nous partons d'Elim et nous arrivons au désert de Sine, etc. Et ensuite on nous dit – c'est la manne : « Je vais faire pleuvoir pour vous du pain depuis les cieux. Le peuple ira ramasser chaque jour sa provision, et J'éprouverai s'il marche ou non selon Ma loi. »
En particulier, il y a une loi très importante. Vous savez quelle est cette loi qui est en rapport avec notre sujet d'aujourd'hui, la Emounah ? Sur la manne.
[Quelqu'un dans l'assistance] : Ne pas en garder pour le lendemain.
Exactement. Donc qu'est-ce que vous faites quand vous n'avez pas beaucoup de Emounah ? Vous vous dites : « Peut-être que demain il n'y en aura pas, ou peut-être que demain il y en aura moins, donc ce serait bien de faire une provision. » Comme quand vous croyez vous protéger en accumulant de l'argent sur votre compte en banque : « Waouh, je suis bien là. »
Eh bien en fait, là Il veut déjà nous mettre en garde contre cette idée. Cela ne va pas marcher comme ça. Puisque que va-t-Il faire pour que ne marche pas cette stratégie, on va dire, cette stratégie rationnelle ?
L'ennemi : la rationalité
Parce que notre ennemi, globalement, pour avoir la Emounah et le Bitahon, c'est notre rationalité. C'est difficile, parce qu'on a tendance à se penser comme des êtres doués de raison – c'est ce que Descartes nous a dit, c'est ce que tout notre passé occidental voudrait nous faire dire – mais ce n'est pas ce que la science moderne dit, et ce n'est pas ce que la Torah nous dit.
Donc là, la raison voudrait qu'on fasse des provisions. Et en fait, qu'est-ce qui va se passer ? C'est que si on fait des provisions, cela va pourrir. Tout va pourrir. Et cela énerve beaucoup. On va voir que cette stratégie va être mise en place par les Bné Israël et Dieu va le reprocher.
L'exception du Shabbat
Et il y a une fois où justement ils vont le faire à bon escient – et cela, c'est quand même assez drôle : juste avant Shabbat, il y a des Bné Israël qui en ramassent deux portions. Et là, il y a des chefs qui vont voir Moché – ils vont faire leur « fayot » – et ils vont dire à Moché : « Ce n'est pas bien, ils en ont pris deux portions, ils n'ont pas compris, et tout. »
Et là, Moché dit : « Non, mais là, en fait, ils ont fait exactement ce qui était attendu d'eux, parce que pour le Shabbat il n'y aura pas de manne le jour du Shabbat. Donc le vendredi, il faut en ramasser deux portions. »
Comprendre la règle sans qu'elle soit donnée
Et ce qui est très intéressant ici, c'est que ce n'est pas du tout par défaut de Emounah qu'ils l'ont fait, pas du tout. C'est parce qu'en fait, sans avoir reçu la règle, ils ont compris la règle. Et là, il y a quelque chose de très profond.
C'est qu'en fait l'humain – et cela, on le voit aussi dans la Paracha Bereshit, c'est un des messages centraux – dès qu'on lui donne une règle, même si c'est Dieu qui la lui donne, même s'il a vu les miracles que Dieu a faits, même s'il a toutes les raisons de penser que cette règle est bonne pour lui, qu'elle est là pour son bien, eh bien en fait il y a un Yetzer Hara (mauvais penchant) qui se met en action pour aller contre la règle.
Donc c'est très, très pervers comme système. On nous donne une Torah, et en fait, derrière, il y a le Yetzer Hara qui nous dit : « Bon, ben, tu peux peut-être ne pas faire ça, tu peux peut-être transgresser ci ou ça, ce n'est pas très grave, etc. » C'est quasiment automatique. Personne n'en est épargné, malheureusement.
Les Avot et l'intuition de la Torah
Et donc, du coup, là, ce qui est magnifique – d'ailleurs cela vaut aussi pour les Avot : Abraham, Isaac et Jacob – c'est qu'eux, ils ont intuité, ils ont connu les règles de la Torah par leur seule intuition, sans que Dieu leur dise « fais » ou « ne fais pas ». Donc ils savaient quand c'était Shabbat, ils savaient ce qu'était la viande cachère, ils savaient la circoncision, ce qu'il fallait faire, etc., sans qu'on ait besoin de leur donner un commandement.
D'ailleurs, le mot Mitsva ne se traduit pas par « commandement ». D'ailleurs, globalement, il faut mettre en doute toutes les traductions auxquelles on a l'habitude, parce que toutes ces traductions sont des trahisons. Nous avons vu pour « confiance » et pour « foi » : cela ne marche pas. Mitsva ne peut pas bien se traduire par « commandement ». Et plus on va le traduire comme un commandement, plus le Yetzer Hara va faire en sorte qu'on n'applique pas ce commandement.
Donc en fait, il faut un petit peu essayer de se défaire, de se libérer de ces mauvaises conceptions.
L'intuition des Bné Israël
Et là, les Bné Israël n'ont pas eu besoin qu'on leur donne la loi pour comprendre qu'il fallait
faire cela. Ils ont eu l'intuition qu'il fallait faire cela, qu'à Shabbat il n'y aurait pas de manne et que le sixième jour il fallait en prendre deux portions. Donc là, on peut dire qu'au niveau Emounah, il n'y a pas eu de défaillance du tout.
Quatrième épreuve : L'eau du rocher
L'eau qui manque
Prochaine étape, nous passons la manne, et là le peuple était assoiffé d'eau. Nous retombons sur le problème de l'eau et de l'eau amère. Et là, il y a un problème d'eau qui manque.
Le peuple querella donc Moché en disant : « Donne-nous de l'eau à boire. » Et ils lui disent presque « de quoi tu te mêles », et donc il perd un peu l'espoir avec ce peuple. Et là, c'est leur Houtzpa qui le terrasse. Cela va se repasser dans le livre de Bamidbar – leur Houtzpa – j'ai oublié le nom de la Paracha où cela se passe, mais il demande des cailles et il dit : « Je jette l'éponge, je n'en peux plus, je n'en peux plus. »
Le Mashiah et la Houtzpa
D'ailleurs, le Mashiah par rapport à Moché aura cette qualité supplémentaire qui va faire qu'il connaîtra très bien la Houtzpa. On sait – c'est déjà annoncé – que la génération, donc notre génération qui est la génération de la délivrance, ou plutôt celle des enfants qui sont là – eh bien nous aurons, Bezrat Hachem, aussi l'occasion de la voir, mais c'est eux qui sont en train de la réaliser vraiment – et notre génération, elle est la génération de la Houtzpa. C'est ce qui nous caractérise. Et celle de nos enfants, encore puissance 10 par rapport à nous.
Et le Mashiah, il va dire : « Oulala, cela ne m'effraie pas du tout. Moi je ne suis pas comme Moché qui dit "Qu'est-ce que c'est que ce peuple qui ose demander de la viande dans le désert ?" » Et le Mashiah, il dira : « Génial, j'adore, j'adore la Houtzpa, moi aussi je suis un Houtzpanier, et c'est très bien la Houtzpa, etc. »
Donc cela va être transformé en quelque chose de positif, la Houtzpa, dans notre période.
Le bâton qui frappe le rocher
Et donc qu'est-ce qui se passe ? Dieu dit à Moché : « Passe en avant du peuple, prends avec toi quelques-uns et ton bâton avec lequel tu as frappé le fleuve » – donc toujours le même bâton, c'est très important ce bâton. C'est le même bâton qui s'est transformé en serpent, qui a mangé les serpents des Égyptiens.
Ce bâton, c'est une sorte de Kav, de ligne au sens hébraïque – Kav comme ligne entre le ciel et la terre. C'est la transcendance qui se manifeste, qui descend sur la terre. On le voit au sens même figuré, au sens littéral, à l'image du bâton, c'est cela.
Et donc il va taper sur le rocher, et là l'eau va jaillir, et le peuple boit. Et on appela ce lieu Massa et Meriva, à cause de la querelle – on entend le mot « rive » dedans – à cause de la querelle des enfants d'Israël, et parce qu'ils avaient éprouvé l'Éternel en disant : « L'Éternel est-il au milieu de nous ou n'y est-il pas ? »
Donc là, on voit que leur Emounah a plongé. Ils viennent de sortir à pied sec de Yam Souf, ils ont assisté aux dix plaies, et leur Emounah a flanché.
Partie II : Amalek - Le doute incarné
L'attaque d'Amalek
Et ensuite – et là c'est très intéressant – on nous dit : « Et Amalek... » Donc juste après cette phrase « L'Éternel est-il au milieu de nous ou n'y est-il pas ? », on lit : « Et Amalek vint et attaqua Israël à Réphidim. »
On se dit : mais quel est le lien ? Pourquoi cet enchaînement bizarre ? Qu'est-ce qu'il vient faire Amalek d'un coup ? On l'avait complètement oublié.
Qui est Amalek ?
Alors, pour la petite histoire, Amalek est le petit-fils d'Ésav. On nous dit juste son nom en passant dans le livre de Bereshit. On nous dit que c'est le petit-fils d'Ésav, mais on ne nous dit pas spécialement que c'est notre ennemi à ce moment-là.
Pour Ésav, nous savons déjà que c'est notre ennemi. C'est annoncé, et on sait qu'il le reste et qu'il n'y a pas de Techouva possible [correctif du 30 janvier 2026: on sait que la techouva d'Essav constitue la clé de la délivrance]. Mais concernant Amalek, c'est tout de même une surprise, entre guillemets.
La guématria d'Amalek : Safek (le doute)
Alors quel est le lien ? Et en fait, là, il y a quelque chose d'extrêmement profond. La guématria d'Amalek, c'est 240, qui est aussi celle de Safek (le doute).
Le doute, le contraire de la Emounah, c'est le doute. La Emounah, je vous l'ai dit, ce n'est pas la confiance, ce n'est pas la foi, c'est la certitude. C'est la certitude qu'Hachem est derrière nous et qu'Il veille sur nous.
Donc quand on se dit « L'Éternel est-il au milieu de nous ou n'y est-il pas ? », cela veut dire qu'on est atteint par le doute. Quand on est atteint par le doute, qu'est-ce qu'on voit apparaître ? Amalek.
Les incarnations d'Amalek
En vérité, Amalek est effectivement un peuple terrifiant. C'est un peuple qui s'est incarné plus tard dans Haman. C'est un peuple qui s'est incarné encore après dans les nazis. C'est un peuple qui s'incarne aujourd'hui dans Gaza, donc le Hamas, et derrière le Hamas, les Mollahs iraniens.
Donc tout cela, c'est Amalek. On le sait parce que tous leurs procédés, toutes leurs stratégies, tout ce qu'ils font, c'est la trace, ce sont les caractéristiques d'Amalek. Il n'y a aucun doute que c'est Amalek.
Amalek est aussi en nous
Et ce qu'on apprend – et c'est très puissant comme message – c'est qu'en fait, Amalek est aussi en nous. C'est-à-dire que quand le doute nous assaille, quand le doute est en train de vaincre en nous, quand il est plus fort que notre Emounah, à ce moment-là, on voit comme reflet de notre doute le personnage d'Amalek qui sort.
Mais finalement, c'est un miroir qu'on regarde. On regarde Amalek, mais en fait on se regarde nous-mêmes en train de douter, pris dans le doute.
Le 7 octobre et le doute
Et si le 7 octobre... Bon, cela fait écho à plein de choses de notre histoire récente. Le 7 octobre est arrivé. Peut-être aussi, c'est parce qu'on avait finalement été gagnés à l'intérieur de nous, à l'intérieur de notre nation, par le doute. Et à ce moment-là, le doute vient s'incarner dans la figure d'Amalek.
Et à ce moment-là, il faut vaincre ce doute. En battant Amalek, on va réussir finalement à triompher de ce doute.
La dimension kabbalistique : Amalek et le Tikkoun Olam
Les mondes brisés
Mais derrière Amalek, il y a quelque chose d'encore plus profond, certainement. C'est que... Je vous ai dit tout à l'heure, quand j'ai parlé du livre de Bereshit : on crée un monde, et en fait ce monde est brisé, il y a plusieurs mondes. Je ne vais pas rentrer dans les détails : il y a Atsilout, Bria, Yetsira. Et nous, nous sommes dans le monde d'Assiya.
Et tous ces mondes nous éloignent de Dieu. C'est-à-dire qu'on est loin, il y a plein d'écrans par rapport à la lumière divine. Et tout le rôle du peuple d'Israël, c'est de réparer cette brisure, donc de réunifier les mondes, si on peut dire. Donc tout notre effort, toute notre histoire, nous allons essayer d'être un fil entre le haut et le bas.
L'homme créé à l'image du Vav
D'ailleurs, le Ari HaKadoch (le Saint Ari), qui est un grand kabbaliste du XVIe siècle – c'est le
Rav Yitzhak Luria, surnommé Ari HaKadoch – il dit que quand on dit que Dieu a créé l'homme Betsalmo (« à Son image »), en fait c'est Betselem Vav. Pourquoi ? Parce que c'est à l'image du Vav. Et qu'est-ce que représente le Vav ? Le Vav, c'est un trait d'union.
D'ailleurs, il paraît – cela je ne l'ai jamais entendu, mais c'est Yoël Benarouch, mon maître, qui me l'a appris – c'est que le mot Vav en hébreu représente quelque chose qui est un outil qui fait... Comment on dit en français ? Quelque chose qui... Un crochet. Voilà, un crochet, exactement.
[Question à l'assistance] : C'est vrai ? Vous confirmez qu'on peut dire crochet ?
[Réponse] : Oui.
Alors, c'est cela. Nous, nous sommes ce crochet entre le ciel et la terre.
Le Tétragramme et la jonction
Et d'ailleurs, cela, nous allons le voir : le tout dernier verset va le confirmer. Les quatre lettres du Tétragramme – Youd-Hé-Vav-Hé – sont en fait composées de deux doublets : Youd-Hé et Vav-Hé.
Youd-Hé, c'est tout ce qui correspond à Dieu dans Sa partie transcendante. Et Vav-Hé, c'est tout ce qui correspond à Dieu dans Sa manifestation dans le monde d'Assiya. Et tout le but, c'est de raccrocher le Youd-Hé du transcendant avec le Vav-Hé de l'immanent.
Et ce n'est pas du tout un hasard que la jonction entre le Youd-Hé et le Vav-Hé soit un Vav, puisque c'est le crochet.
Le rôle d'Amalek dans le plan divin
Et qu'est-ce qui vient faire Amalek ? Alors, pourquoi je vous parle de tout cela maintenant, et quel est le lien avec Amalek ? C'est parce qu'en fait, le rôle central d'Amalek...
Il ne faut pas considérer – nous ne sommes pas du tout comme les chrétiens qui disent qu'il y a le diable, et le diable se bat contre... Il est méchant, il se bat contre le gentil, et peut-être que le méchant peut gagner. Ce n'est pas du tout comme cela dans la conception de la Torah.
C'est qu'en fait, le méchant dans la Torah – la source du méchant, c'est Dieu. La source de tout est Dieu. Si Dieu a créé Amalek à dessein, comme Dieu a créé le Yetzer Hara à dessein, tout a un dessein, et tout, à la fin, est pour le bien.
Donc il y a un projet dans lequel Amalek joue un rôle. Amalek, c'est ce qui vient contrarier, c'est ce qui vient s'opposer à la mission du peuple d'Israël de raccrocher le Youd-Hé avec le Vav-Hé.
Le moment messianique et l'opposition d'Amalek
Donc là, nous venons d'avoir un dévoilement extraordinaire où nous avons traversé la mer Rouge, nous avons chanté le Chirat HaYam. C'est quasiment un dévoilement messianique.
D'ailleurs, on dit qu'au moment où ils ont traversé la mer Rouge – enfin, il faut dire Yam Souf, puisque dans Yam Souf il y a des choses très profondes : il y a le Yam (mer) dont la valeur numérique est 50, et Souf, c'est Sof, donc c'est la fin des temps. C'est très fort, ce qui est évoqué par le mot Yam Souf.
On dit que quand ils ont traversé Yam Souf, ils ont vu quasiment l'image de la fin des temps. Ils ont vu ce qui se passerait à la délivrance. Donc nous venons de vivre un moment messianique. Et nous venons de dire que tous les peuples sont terrifiés.
Donc, sous-entendu, peut-être que même les peuples autour d'Israël ont... Et Pharaon lui-même a dit... Donc cela veut dire que Pharaon lui-même, qui était l'incarnation du mal, a reconnu la grandeur de Dieu.
Donc nous sommes dans un moment très messianique. Et qu'est-ce qui se passe dans un moment très messianique ? Amalek. Parce qu'Amalek, justement, il veut contrer, il veut s'opposer à cette jonction entre le ciel et la terre, entre le Youd-Hé et le Vav-Hé.
Amalek : un peuple qui "suce"
Dans Amalek, il y a Am-lek. Donc cela veut dire un peuple qui suce. Il suce quoi ? En fait, il suce... Il est sur notre dos. C'est une sorte de sangsue qui vient essayer de nous empêcher d'accomplir notre mission. Et face auquel, finalement, on ne peut pas... On est obligés de faire appel à toute notre Torah, à toute notre ressource, à toute notre Emounah, à toute notre fraternité.
Ce qu'on avait oublié : la fraternité
Parce que c'est ce qu'on avait oublié avant l'attaque d'Amalek le 7 octobre : c'était la fraternité.
Et il nous oblige – en nous envoyant en miroir le Yetzer Hara qui est en nous, le doute qui est en nous, et tout aussi le mal qui est en nous – finalement, nous oblige à nous transcender, et il nous rappelle notre mission de façon négative. Et tout le défi, c'est finalement d'accomplir cette mission de façon positive.
Nous sommes à la fin
Mais là, quoi qu'il en soit, nous sommes clairement à la fin. Nous sommes clairement aux tout derniers épisodes de notre combat contre Amalek. Et nous allons le vaincre. Nous allons le vaincre, Bezrat Hachem, très prochainement.
Le dernier verset : Le trône incomplet
Et je voudrais juste parler du dernier verset qui montre complètement pourquoi Amalek est
là. Le dernier verset, c'est... [le verset en hébreu]. Donc la traduction, c'est : « Et il dit... » Et là, Rachi nous dit quelque chose de très profond.
Il nous dit : le mot « trône de l'Éternel », c'est [Kess]. Normalement, le mot « trône », c'est [Kissé]. Donc on voit qu'Amalek a « bouffé » le Aleph. Le Aleph qui est souvent conçu comme la lettre de l'unité du divin.
Au lieu de dire [Kissé], qu'est-ce qu'on dit ? [Kess]. Donc c'est ce que je disais tout à l'heure : Amalek est venu manger le Aleph du trône. Donc il a un peu entamé le trône. Dieu Youd-Hé-Vav-Hé ne trône pas sur le monde à cause du Aleph qui a été mangé.
Et il a mangé aussi le Vav-Hé. Donc il empêche la transcendance de se matérialiser, de s'incarner dans le monde par le Vav-Hé. Voilà.
C'était le message pour Amalek.
Partie III : La science moderne et la Divine Matrice
Raccrocher la science et la Torah
Maintenant, je voudrais... La Paracha se termine comme cela. La Paracha Beshalach, et la suivante, ce sera Yitro avec les dix commandements.
Maintenant, je voudrais, comme promis... Combien il me reste de temps, à peu près ? Un quart d'heure ? OK. Donc je vais vous parler de ce que dit la science récente.
C'est un livre que j'ai lu avant de m'intéresser beaucoup à la Torah. Donc, la Kabbale, pour moi, cela a commencé il y a quatre ans. Les cours de Torah, cela a commencé, on va dire, il y a un an. Et Sylvie et Armand, il y a encore moins de temps qu'ils m'ont les premiers conviés pour ces soirées.
Et en fait, j'ai pu raccrocher, grâce à tout ce que j'ai appris de la Kabbale, de mon maître Yoël Benarouch, j'ai pu raccrocher cela à mon ancienne vie. Bon, je suis encore économiste et scientifique, donc cette ancienne vie n'est pas finie. Mais j'ai pu tout raccrocher les morceaux.
Et c'est cela qui est extraordinaire : il n'y a aucune contradiction. Au contraire, il n'y a que des convergences. Et c'est ce que je voudrais montrer.
Le livre "La Divine Matrice"
Donc cela, c'est quelque chose que j'ai lu bien avant de m'intéresser à tout cela : La Divine Matrice, de qui ? De Gregg Braden. Il est scientifique, mais c'est un scientifique ésotérique. C'est-à-dire qu'il a cette fibre de réconcilier... Son projet, c'est de réconcilier la science avec l'ésotérisme.
Et donc, dans ce livre... Alors, qu'est-ce que c'est, la Divine Matrice ? Ce qu'il appelle la Matrice, c'est une sorte de champ d'énergie. Donc cela va intéresser les thérapeutes qui sont parmi nous ce soir. Et en fait, c'est un champ d'énergie qui nous relie tous, et qui nous relie au divin.
Le champ d'énergie
Et ce champ d'énergie est quelque chose qu'on ressent, mais que la science, jusqu'à il n'y a pas longtemps, avait du mal à appréhender, à modéliser, à prouver aussi, à mesurer. Et de plus en plus, en fait, la science, parce qu'elle commence à se poser les questions... Dès que vous commencez à vous poser la bonne question, après c'est plus facile d'arriver à mesurer quelque chose. Si vous ne savez même pas quoi mesurer, bon, vous n'allez, par définition, pas y arriver.
Mais là, de plus en plus, la science reconnaît qu'il y a ce champ d'énergie qui existe. Et il y en a qui l'appellent aussi le quantum field (champ quantique) en anglais. Donc on pourrait traduire par « champ quantique », mais c'est la même idée. Et lui, il dit que c'est la matrice. Mais c'est la même idée.
La synchronicité
Vous sentez ces connexions extraordinaires. Vous sentez, par exemple, que parfois vous pensez à quelqu'un, et boum, le téléphone, il vous appelle. Ou parfois ce qu'on appelle la synchronicité : deux événements qui se produisent au même moment et qui avaient zéro chance, normalement, de se produire.
Voilà. On ressent tous ces choses-là, chacun à son niveau. Et en fait, la science progresse dans la mesure, dans la modélisation, dans la reconnaissance de ces phénomènes.
Max Planck et la matrice de toute matière
Et alors, je voudrais... Bon, déjà, on va commencer par un grand, grand scientifique qui s'appelle Max Planck. Donc c'est un grand physicien quantique, Max Planck, qui est allemand, qui était contemporain d'Einstein, mais qui était déjà connu au moment où Einstein est devenu connu. Donc c'est un précurseur de la mécanique quantique. Il a la constante de Planck, qui a donné son nom, par exemple.
Et alors, il dit cette chose-là en 1944 :
« Ayant consacré toute ma vie à la science la plus rationnelle qui soit, à l'étude de la matière, je peux vous dire au moins ceci à la suite de mes recherches sur l'atome : la matière comme telle n'existe pas. Toute matière n'existe qu'en vertu d'une force – donc c'est le champ quantique, si on veut – qui fait vibrer les particules et maintient ce minuscule système solaire qu'est l'atome. Nous pouvons supposer sous cette force l'existence d'un esprit intelligent et conscient. Cet esprit est la matrice de toute matière. »
Et c'est parce que Planck a donné à cet esprit le nom de « matrice » que Gregg Braden a choisi ce titre pour son livre La Divine Matrice.
Donc vous voyez que non seulement Planck reconnaît que derrière la matière et derrière la rationalité il y a quelque chose qui transcende cette rationalité, mais en plus il dit que c'est un esprit intelligent et conscient. C'est-à-dire qu'il ne peut pas imaginer que les choses soient le fait du hasard, par exemple. Il y a une conscience et il y a une intelligence. Donc cela suppose une bienveillance, une providence. Planck le reconnaît.
Trois expériences scientifiques
Donc voilà, une première chose. Alors après, il y a des expériences. Et là, il en décrit trois, Gregg Braden, qui ont été toutes menées à la fin du XXe siècle, donc dans les années 90-2000.
Et ces expériences montrent la force de notre intention et comment notre conscience est capable de modifier la matière. Et en particulier une matière très spécifique qui est l'ADN humain. On sait aussi qu'il y a des expériences qui montrent que notre conscience, notre pensée positive est capable, par exemple, de modifier aussi la structure des molécules d'eau. Cela, c'est quelque chose qui a été aussi mesuré.
Mais là, Gregg Braden décrit trois expériences qui font le lien entre la conscience humaine et l'ADN.
Expérience 1 : L'ADN et les photons (Vladimir Poponin, 1995)
Alors, la première expérience qu'il décrit, c'est celle d'un certain Vladimir Poponin, donc un Russe, en 1995.
Et il dit que cette expérience révèle que l'ADN... Quand vous faites le vide dans un vase, et que donc il n'y a plus que des photons dans ce vase – il n'y a plus aucune particule d'air, plus rien à part des photons – et que vous mettez de l'ADN comme seule chose autre que les photons, en fait, avant que l'ADN rentre dans ce bocal, les photons sont répartis de façon aléatoire comme on s'y attend. Et dès que vous mettez de l'ADN, les photons commencent à se coller à l'ADN.
Donc cela, c'est une première expérience assez époustouflante. Donc l'ADN cellulaire influence la matière au moyen de ce champ qu'on a décrit tout à l'heure.
Expérience 2 : Les émotions modifient l'ADN à distance
Cela, c'est la seconde expérience. Là, on va rentrer dans la conscience humaine, comment elle modifie la matière.
Si vous prenez des cellules d'une personne et que vous les mettez dans la pièce à côté, et que la personne est soumise à des stimulations qui modifient ses émotions, qui impactent ses émotions – parfois triste, parfois gai, vous lui mettez par exemple des films, des films où il y a des choses qui éveillent son désir sexuel ou d'autres choses qui éveillent sa peur ou sa joie, etc. – en fait, vous voyez que les émotions qu'il ressent à distance changent la structure des cellules de son ADN qui sont dans la pièce à côté.
Si vous faites l'expérience avec 10 000 kilomètres qui séparent la personne de ses cellules d'ADN, cela marche aussi.
[Intervention de l'assistance] : Parce que je crois que cela joue aussi sur d'autres cellules. Je me rappelle d'un cours qui disait que l'environnement, c'est-à-dire les énergies de tes voisins...
[Réponse] : C'est sûr. Mais cela, c'est plus dur à mesurer. En fait, là, je ne vous donne que peut-être la face émergée de l'iceberg. Pourquoi ? Parce que ce sont les choses qu'on arrive à mesurer.
On voit comment la configuration spatiale de la molécule d'ADN, etc. Mais ce que tu dis, on le ressent tous. Tu rentres dans un endroit, tu te sens bien. Tu rentres dans un autre endroit, tu te sens mal. Pourquoi ? Qu'est-ce qui se passe ? En fait, il y a une énergie vibratoire de l'endroit. Mais c'est plus difficile à mesurer pour un scientifique. C'est pour cela qu'on n'a pas une expérience qui le décrit.
Expérience 3 : HeartMath et la cohérence cardiaque
Alors, troisième expérience. Là, il y a un organisme que j'aime beaucoup qui s'appelle HeartMath, que j'ai découvert bien avant d'étudier la Kabbale. Et à l'époque, c'était ma façon d'étudier la Kabbale à moi, quand je ne connaissais pas tous ces trésors qu'on a. Et j'étais époustouflé par ces choses-là.
Aujourd'hui, cela me paraît banal. Après avoir étudié le Ari HaKadoch et tout, quand je vois les expériences de HeartMath, je dis : « OK, bon, ça va. »
Et en fait, qu'est-ce qu'ils ont fait, HeartMath ? Ils ont vu qu'en fait le cœur humain génère un champ électromagnétique autour de la personne. Et que le centre, la source de ce champ, c'est vraiment le cœur.
Vous pouvez, en vous concentrant, en mettant une certaine intention – on apprend qu'on appelle cela la cohérence cardiaque –, donc les amateurs de yoga ici, etc., connaissent par cœur... Et d'ailleurs, intervenez, n'hésitez pas.
Quand vous êtes dans un état méditatif, que vous êtes capable de mettre tout en cohérence dans votre être – ce n'est pas facile, c'est tout un travail, ce sont des milliers d'heures de travail – eh bien, à ce moment-là, votre champ magnétique peut être dix fois ou cent fois plus puissant. Donc il peut émettre beaucoup, beaucoup, beaucoup plus fort, beaucoup, beaucoup, beaucoup plus loin.
Et vous pouvez, à ce moment-là, influencer le monde, influencer les êtres qui sont autour de vous, influencer toute la réalité.
Modifier l'ADN par l'intention
Alors, qu'est-ce qu'on a fait ? On s'est rendu compte que quand on met des personnes qui sont très entraînées – donc, des techniques spéciales d'autosuggestion émotionnelle et mentale consistant à calmer intentionnellement le mental et à diriger la conscience vers la région du cœur en se focalisant sur des émotions positives – donc cela, c'est la description de tout le travail qu'il faut faire – eh bien, à ce moment-là, on est capable de modifier l'ADN, même pas que le sien. On peut modifier n'importe quel ADN, à la fois chimiquement et visuellement, les chercheurs étant en mesure de déceler tout changement.
Et cela, je vous ai décrit sur l'ADN, mais encore une fois, c'est la partie émergée de l'iceberg. On peut faire beaucoup, beaucoup plus de choses.
Les arts martiaux : casser des briques
Il y a des... Bon, justement, je vais vous montrer... Donc, les arts martiaux – on sait, on se demande comment des personnes font pour casser des briques, par exemple, avec leurs mains. Vous le faites sans préparation, vous cassez la main. Eux, ils cassent la brique. Ils peuvent même casser 10 briques. Il n'y a aucun problème.
En fait, il n'y a presque aucune limite quand vous commencez à maîtriser ces techniques.
Et quel est le secret, si on peut dire ? Donc, je lis :
« Bien qu'il y ait des stratagèmes permettant parfois d'accomplir ces étonnantes prouesses sans y impliquer la dimension spirituelle, leur réussite dépend, quand elles sont accomplies avec authenticité, de ce sur quoi le pratiquant dirige son attention. S'il choisit de briser un bloc de béton, par exemple, la dernière chose qui occupe son esprit est le point de contact où sa main touchera la surface. Donc, c'est ce que le novice va faire comme erreur. Il va se focaliser sur le point de contact. « Il s'agit de se concentrer sur le moment où l'acte est accompli, la guérison déjà accomplie ou le béton déjà brisé. »
Et « déjà » est mis en italique.
Le mot-clé : "Déjà"
Donc c'est le mot « déjà » qui est important. C'est ce que je vous ai dit tout à l'heure. Nachshon Ben Aminadav, quand il est rentré dans la mer, il n'a pas prié « pourvu que ça s'ouvre ». Dans sa tête, la mer était déjà ouverte, et c'est comme cela qu'elle s'est ouverte.
Donc c'est pareil : si vous voulez un jour casser des briques de béton, c'est comme cela qu'il va falloir faire. Voilà.
Application à la maladie
Alors maintenant, on va parler de la maladie.
« Lorsque nous reconnaissons que nous avons le choix quant à ce que nous considérons comme notre réalité, les questions qui surgissent le plus fréquemment sont celles-ci : Comment faire ? Comment voir quelqu'un comme déjà guéri si son corps porte les symptômes de la maladie ? La réponse est fonction de notre volonté de regarder au-delà de l'illusion que nous présente le monde. Dans l'exemple d'un être cher frappé par la maladie, nous sommes conviés à voir au-delà de cette maladie, à imaginer qu'il est déjà guéri, et à sentir que nous nous trouvons dans cette nouvelle réalité avec lui. »
Voilà.
Exemple : La clinique de Pékin
Alors maintenant, je vous cite un exemple où cela s'est passé, parce que ce n'est pas que de la théorie. C'est une clinique à Pékin, en Chine. Je cite le livre La Divine Matrice :
Alors, cette clinique était l'un des nombreux établissements de la région qui emploie avec un énorme succès des méthodes de traitement non conventionnelles. Après un échange de salutations et les formalités d'usage, nous fûmes préparés à ce que nous allions voir. L'instructeur insista sur le fait que ce film visait à nous montrer que le pouvoir de guérir réside en chacun de nous. Il ne s'agissait pas d'une publicité pour cette clinique ni d'une invitation à se rendre rapidement à Pékin si l'on souffrait d'une maladie mortelle. Ce dont nous allions être témoins aurait pu être accompli dans cette même salle de cours ou dans notre propre salon. L'instructeur nous déclara que le secret de la guérison réside dans la capacité de focaliser l'émotion et l'énergie dans notre corps ou dans celui d'un être cher, avec sa permission, sans intrusion et avec compassion. Tourné avec une caméra vidéo, le documentaire nous montra d'abord, couchée sur une civière, cette femme souffrant d'une tumeur, éveillée, parfaitement consciente. Elle n'avait reçu ni anesthésique ni sédatif. Trois praticiens en sarreau blanc se tenaient derrière elle, tandis qu'un technicien à ultrasons était assis devant elle en tenant la tige qui serait utilisée pour obtenir les images. Ce documentaire ne dura que 4 minutes. Dans ce bref lapse de temps, nous avons vu quelque chose qui serait considéré comme un miracle selon les normes de la médecine occidentale. Pourtant, dans le contexte holographique de la Divine Matrice, il s'agit de quelque chose de parfaitement logique. Les praticiens s'étaient entendus sur un mot qui renforcerait dans leur corps un sentiment d'une qualité particulière. Même s'ils savaient que la tumeur avait existé dans les moments ayant précédé le processus, ils reconnaissaient également que sa présence n'était qu'une possibilité parmi plusieurs. Donc cela, c'est un concept quantique très important. En mécanique quantique, l'électron n'est jamais dans un état déterminé, il est dans une superposition d'états. Et ce qui est problématique, c'est que l'homme n'est pas un être quantique – donc il est trop grand. Les particules qu'on connaît, qu'on peut voir à l'œil nu, ne sont pas des particules quantiques, donc elles ne sont pas censées être dans une superposition d'états. Mais ce qu'on apprend, c'est qu'en fait, si, on peut les considérer comme des êtres quantiques. Donc ce jour-là, ils ont activé le code suscitant une autre possibilité, et ce, dans le langage que reconnaît la Divine Matrice et auquel elle réagit : celui de l'émotion humaine en dirigeant l'énergie. En observant les praticiens, nous les entendions répéter une sorte de mantra se traduisant à peu près ainsi : « Déjà fait, déjà fait. »
Donc « déjà », le même mot « déjà » de tout à l'heure.
Au début, rien ne semblait se passer. Puis soudain, la tumeur se mit à frémir, disparaissant et réapparaissant comme si elle basculait entre deux réalités quantiques. La pièce était parfaitement silencieuse, tandis que nous fixions l'écran sidérés. En quelques secondes, la tumeur s'estompa, puis elle disparut complètement.
Conclusion : Vaincre la peur
Voilà. Donc, je voulais vous parler de Gaza, mais je crois que là, je vais m'arrêter là. Peut-être dans la discussion après. Je voudrais juste finir avec cette phrase de Rumi, qui est un grand poète soufi, qui est très proche aussi de la Kabbale :
« Continue à marcher même s'il n'y a pas de destination. N'essaye pas de voir la distance. Ce n'est pas pour les humains. Avance à l'intérieur, mais n'avance pas comme si c'était la peur qui te faisait avancer. »
Donc le grand obstacle qu'on va rencontrer pour pouvoir atteindre ces niveaux-là – le niveau du karatéka qui brise les briques, le niveau de Nachshon Ben Aminadav, le niveau de ces médecins qui font disparaître la tumeur, etc. – ça va être la peur. Ça va être la rationalité – cela, on l'a vu tout à l'heure – et ça va être la peur.
La même peur qui faisait crier Moché en disant : « Fais quelque chose pour nous, on est perdus, etc. »
Cette peur-là, vous ne pourrez pas accomplir des miracles avec la peur. C'est impossible, c'est antinomique, puisque la peur ne peut pas aller, ne peut pas être associée dans la même énergie avec la Emounah, le Bitahon, la certitude qu'il faut pour accomplir un miracle.
Prière finale
Donc voilà, je vais terminer sur cela.
Je finis par une prière pour la guérison – puisque c'est le thème d'aujourd'hui – de tous nos malades, pour la réussite des soldats, pour le retour des otages, et pour notre délivrance immédiate.
Amen.
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